Staline prend la tête du gouvernement à Moscou

HistoireIl fait l'actualité le 7 mai... 1941.

Joseph Sataline photographié en 1941.

Joseph Sataline photographié en 1941. Image: DR

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Le 7 mai 1941, Otto Treyvaud écrit: «Jusqu’à hier, M. Joseph Djougachvili, dit «Staline», que le monde entier considère comme le véritable maître de la Russie soviétique, ne portait d’autre titre que celui, bien modeste!, de secrétaire général du Comité central du parti communiste de l’Union soviétique. Son nom ne figurait pas sur les listes des membres du gouvernement. L’homme, en effet, fuyait tout ce qui est ostentatoire. Il se tenait à l’ordinaire dans les trois pièces – «d’une simplicité de chambres d’hôtel convenable de deuxième ordre», a écrit Barbusse — qu’il occupe au Kremlin.

»Depuis hier, M. Staline assume les fonctions, voyantes celles-là, de président du Conseil des commissaires du peuple, qui correspond à peu près à ce que l’on appelle, ailleurs qu’en Russie, le gouvernement. Il remplace à la tête de cette organisation M. Molotov, qui cumulait la présidence de ce Conseil avec la direction des Affaires étrangères de l’URSS. Désormais, M. Molotov pourra vouer tout son temps à l’étude des questions extérieures et à la conduite de la diplomatie soviétique. Ce qui, dans les temps actuels, n’est pas précisément une sinécure.

«Plusieurs mobiles»

»Les nouvelles fonctions que s’est attribuées M. Staline le font ressembler davantage aux autres dictateurs. Ceux-ci, on le sait, unissent dans leur personne les prérogatives de chef de parti et de chef de gouvernement. Par sa situation nouvelle, M. Staline prendra fatalement une part plus immédiate à la direction des affaires qu’il pouvait considérer jusqu’ici d’un peu haut ou d’un peu… loin. On peut attribuer sa décision soudaine à plusieurs mobiles. On y verra de l’ambition, de l’orgueil, de la vanité, de la suffisance. L’explication la plus vraisemblable est le désir d’être renseigné et de marquer de son empreinte, plus que dans le passé, l’action de son pays. (…)

«M. Molotov est surmené»

Moscou explique que M. Molotov est surmené et que M. Staline – dont il est depuis longtemps l’ami – a voulu le soulager d’une partie de son immense labeur. Néanmoins, même en écartant a priori les conjectures sensationnelles et les interprétations romanesques, il faut bien reconnaître que M. Molotov subit une capitis deminutio, ne serait-ce que l’aveu que ses forces sont inégales à sa tâche. Il lui faut quitter un des sommets où il s’était hissé. On assure que ce départ, il l’a lui-même sollicité. C’est bien possible. Dans cette chronique, où l’on s’efforce à ne pas dramatiser les événements, on s’abstiendra d’apprécier les résultats de la politique de M. Molotov et de supputer s’ils ont été aussi profitables qu’il y paraît. (…)»

Article paru le 7 mai 1941 dans la Feuille d’Avis de Lausanne. Archives consultables sur scriptorium.bcu-lausanne.ch

Créé: 07.05.2015, 09h59

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