«J'aide les couples à se séparer dans la bienveillance»

FEMINAAider les familles à préserver leurs liens après un divorce? La coach Stéphanie Grivet en a fait sa mission. Rencontre.

Image: Fred Mouniguet - Unsplash

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Coach certifiée en séparation bienveillante, une nouveauté en Suisse, et formée à diverses formes de psychologie appliquée, Stéphanie Grivet s’est spécialisée dans l’accompagnement de couples qui se séparent. Son objectif: préserver les liens familiaux malgré le traumatisme que représente le divorce. «J’avais repéré cette technique aux Etats-Unis, la séparation consciente, conscious uncoupling, créée par la psychologue Katherine Woodward Thomas. Je m’y suis intéressée, d’autant que ça me touchait puisque j’étais passée par là. J’avais divorcé, mais j’avais réussi à garder une bonne entente avec le père de mes trois enfants. Toutefois, en entendant parfois ce qui se passait autour de moi, je me suis dit que ce serait bien de pouvoir aider les gens à passer ce cap, surtout dans l’optique de préserver les enfants. Car même séparés, nous formons toujours une famille.

Pourquoi consulter un coach quand on divorce?
La séparation est toujours un moment difficile. Pour son propre bienêtre et celui de son entourage, garder une relation sereine est crucial. Les comportements qu’on a alors peuvent avoir des conséquences sur notre futur immédiat, voire sur les 20 prochaines années, si on a des enfants! Ceux-ci vont grandir, se marier, avoir des enfants eux-mêmes. Et si les parents ne s’entendent pas, cela fait des tensions, des conflits de loyauté, parfois des coupures avec les grands-parents, l’impact est énorme.

Cela veut dire que, quand les gens viennent vous voir, la rupture est consommée?
Absolument. En général, ils ont déjà fait un process, ils sont allés voir un psychologue, ils ont essayé diverses méthodes, mais ils ont pris la décision de se séparer. Plus ils consultent tôt, mieux c’est, pour que la séparation se passe de façon constructive plutôt que destructive. Cela permet d’avoir une autre approche. Il y a beaucoup de croyances autour du divorce, on pense que cela doit forcément être l’horreur, la catastrophe. Or, il est possible de garder les bons souvenirs, de se dire que, maintenant, ça ne marche plus, mais de se projeter vers un avenir meilleur, et d’en sortir grandi.

Les gens viennent-ils en couple chez vous?
Pas facile sans doute d’y traîner son ex. Non, justement. Je reçois les gens individuellement. Ils font un travail sur eux-mêmes, qui influe ensuite sur la relation à l’autre. La rupture n’est pas vécue de la même façon par les deux protagonistes, il y en a toujours un qui a fait plus de chemin que l’autre. C’est un processus de deuil en plusieurs étapes, vécu différemment par celui qui quitte ou celui qui est quitté.

Mais comment composer avec un ex-conjoint particulièrement négatif?
Je reçois des gens très en colère, qui ne se parlent plus que par avocats interposés. Le travail sur soi permet de ne pas avoir de réactions émotionnelles aux comportements de l’autre, de s’en distancer, de rester bien centré, neutre. C’est là que la part de responsabilité est importante, elle change la dynamique, renverse les perspectives. On se rend compte que ce n’est pas uniquement l’autre qui est fautif, qu’il y a des comportements qui ont été permis à un moment donné. On remonte aux questions fondamentales: pourquoi me suis-je engagée avec cette personne, comment ai-je permis à cette relation de durer toutes ces années? Il y a souvent des signes dès le début. On les appelle des red flags, des drapeaux rouges.

Il y a donc de l’espoir?
Oui, bien sûr! Je ne cautionne pas le divorce, mais c’est une réalité, les chiffres sont là, alors faisons de notre mieux pour que cela se passe bien. J’ai une clientèle de tous les âges, avec ou sans enfants, mariée ou pas mariée. Parfois, des gens viennent aussi longtemps après la séparation, 5 ou 6 ans, quand ils se rendent compte qu’ils n’ont toujours pas réglé le problème. Tout le monde peut progresser à travers cette épreuve, la surmonter et avoir une vie géniale après. Une fois qu’on est au clair avec soi-même, qu’on a appris à écouter son ressenti, qu’on a éveillé son intuition, on est prêt à écrire une nouvelle histoire.

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Créé: 16.05.2019, 21h56

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