Ce n’est pas tous les jours la fête pour les Suisses

Ski alpin et freestyleAndri Ragettli, Justin Murisier et Lara Gut sont dans un bateau. Qui boit la tasse? Tous!

Pour Lara Gut, réconfortée par son père à l’issue du super-G, l’histoire se répète. Andri Ragettli (en bas à g.) a raté son envol olympique. Justin Murisier a tout risqué, et tout perdu.

Pour Lara Gut, réconfortée par son père à l’issue du super-G, l’histoire se répète. Andri Ragettli (en bas à g.) a raté son envol olympique. Justin Murisier a tout risqué, et tout perdu. Image: KEYSTONE

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Aux Jeux de PyeongChang, la frontière entre l’euphorie et l’amertume est moins impénétrable que la clôture dressée entre les deux Corées, même par temps de dégel. Un coup de carre trop furieux, une bosse mal avalée ou un trick pas assez mordant, et vous vous retrouvez vite de l’autre côté du mur. Après deux jours de liesse, le ski suisse a remis les spatules sur terre. L’alpin, le freestyle et le nordique ont fini dans le même panier. Avec, sur la pile, le mouchoir de l’inconsolable Lara Gut.

C’est à Bokwang, un paradis pour la Genevoise Sarah Höfflin et la Fribourgeoise Mathlide Gremaud (lire page 12), que les affaires ont le moins bien tourné. C’est aussi dans ce parc d’attractions que l’on espérait le plus d’étincelles. La déception n’en est que plus grande. Il faut dire qu’Andri Ragettli (7e) et sa bande, devenus les déjantés du slopestyle, avaient bien fait monter la sauce. Leurs vidéos comiques et parodiques ont crevé la toile. Mais il ne suffit pas de faire le buzz sur les réseaux sociaux – le prodige grison de 19 ans compte déjà 100 000 abonnés sur Instagram – pour tenir bon la rampe sous les projecteurs olympiques. Fabian Bösch, le plus délirant d’entre eux, n’a même pas franchi le cut. Mais, dans son cas, c’est peut-être le norovirus dont il a été victime qui lui a coupé la chique.

Encore prometteur en qualifications (2e), Andri Ragettli n’a pas su se sublimer en finale, là où le Norvégien Oystein Braaten, un adepte du style no limit – «le ski ou la mort» –, s’est déchaîné. Ses runs n’ont pas pris le bon rail et ont singulièrement manqué d’amplitude dans les airs. Comme si, passé de l’ambiance fun des X Games à la nature plus académique de la compétition olympique, le jeune leader de la Coupe du monde avait perdu la clé du ciel.

Un peu inhibé par la grandeur des Jeux, le voltigeur de Flims? «Non, ma contre-performance n’est certainement pas due à la pression, car j’aime ça», a-t-il rétorqué. Il a promis de revenir dans quatre ans à Pékin. Et cette fois il espère bien crever le grand écran.

Murisier, un récidiviste

Sur la piste de Yongpyong, les géantistes n’ont même pas de droit à l’erreur. La moindre faute de trajectoire ne pardonne pas, surtout lorsqu’on prend tous les risques. C’est la mésaventure qui est survenue à Justin Murisier, un récidiviste, déjà parti dans les décors en slalom. Avec Sotchi, cela fait déjà son troisième bide olympique.

Trop téméraire, le Bagnard? «Aux JO, il n’y a pas de demi-mesure. On voit que les gars qui s’écoutent un peu prennent vite deux secondes. Mon but, en première manche, c’était de foncer pour être tout devant», a-t-il expliqué. Devant, il l’aura été jusqu’au premier temps intermédiaire, plus rapide même que le maestro Marcel Hirscher. Mais, sur le podium, c’est toujours le Salzbourgeois qui trône. Meilleur Suisse de l’épreuve, Loïc Meillard se classe 9e à 2’’41 de l’invincible, sans casse et sans reproche. Et sans diplôme…

Lara Gut au supplice

Pour Lara Gut, de nouveau 4e du super-G, la marge est encore plus ténue entre la délivrance et la détresse. Un centième! Un rien qui a mis la Tessinoise au supplice et en pleurs. Serait-elle donc maudite, victime d’un maléfice? «Non, on n’est jamais victime, a-t-elle réfuté. Les médailles, on ne te les met pas au cou, tu dois aller les chercher. Je ne suis pas en train de pleurer parce que je suis la pauvre qui est arrivée quatrième, je suis en train de pleurer parce que c’est mieux d’en avoir une et que j’ai tout fait pour revenir.» Elle évoque là sa blessure, sa course contre la montre, son bonheur de tailler des virages, ses espoirs.

À PyeongChang, elle était arrivée sans obsession. «Gagner n’est pas l’essentiel, mais je n’ai pas envie de terminer au pied du podium», avait-elle dit. Peur prémonitoire? «Le sport, c’est pas simple. Tu te bats, il y en a soixante au départ et une seule qui gagne. Après tu bosses pour le jour d’après.» La prochaine course, c’est mercredi. La descente, un nouveau défi, la même alternative. Ou tout ou rien…

(24 heures)

Créé: 18.02.2018, 21h57

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