A Londres, les passagers domptent leur peur des accidents d'avion

AéronautiqueBritish Airways propose à ses clients de réviser les gestes de sécurité lors d’une simulation de crash. Reportage

Glisser le long d’un toboggan d’urgence d’un Airbus A 320 est l’un des nombreux exercices proposés au centre de formation londonien

Glisser le long d’un toboggan d’urgence d’un Airbus A 320 est l’un des nombreux exercices proposés au centre de formation londonien Image: DR

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Nous sommes confortablement assis dans la cabine d’un Boeing 737, ceinture bouclée. Nous suivons scrupuleusement les instructions de sécurité de l’hôtesse pendant que l’appareil entame son décollage. La structure tremble un peu, puis beaucoup. En l’espace de quelques secondes, une épaisse fumée envahit l’espace et trouble la visibilité. L’hôtesse crie soudain d’une voix forte «brace, brace» (position d’urgence) alors qu’une lumière rouge s’illumine sur le sol le long du couloir. Nous sortons de l’avion dans la précipitation, déboussolés et surpris par la rapidité de la scène mais surtout par son réalisme. L’avion est en feu sur le tarmac de l’aéroport. C’est une simulation et l’un des nombreux exercices pratiques dispensés par la compagnie aérienne British Airways, dans le cadre de sa formation sur les gestes de sécurité en cas d’accident. Le cours, ouvert aux particuliers comme aux entreprises, complète celui destiné à la peur de voler.

On ne panique pas

Le centre de formation est situé à côté de l’aéroport de Heathrow, à Londres. C’est aussi ici que les pilotes de plus de 40 compagnies aériennes viennent plusieurs fois par an parfaire leurs connaissances dans l’un des 18 simulateurs de vol. La structure contient également 15 cabines d’avion destinées aux exercices pratiques du personnel navigant. Pour pénétrer dans ce lieu hautement sécurisé, chacun doit montrer patte blanche avant de franchir la porte d’entrée.

Pendant une demi-journée, Andy Clubb et Diane Pashley, responsables de formation, abordent tous les cas de figure possibles, de l’amerrissage à la dépressurisation. Peu de théorie mais beaucoup de pratique. De retour dans la cabine de simulation, Andy Clubb exhorte chaque participant à ouvrir et à fermer plusieurs fois sa ceinture de sécurité. Avec un professionnalisme teinté d’humour britannique, l’instructeur explique pourquoi il est important que ce geste devienne un automatisme. «Dans la panique, les gens se trompent et cherchent l’ouverture de la ceinture sur la droite du corps, comme dans une voiture.» Dans un avion, elle est au centre. Tour à tour, masques à oxygène et gilet de sauvetage sont manipulés et testés. Il faut réussir à les trouver rapidement.

Diane Pa­s­hley demande ensuite de se mettre dans la position indiquée par le signal «brace» et généralement expliquée par l’hôtesse lorsque les passagers prennent place dans l’avion. Chacun alors s’assied différemment: l’un met sa tête contre la chaise de devant tandis que d’autres la tiennent entre leurs mains. La formatrice corrige: «Mettez vos pieds contre la barre arrière située sous votre siège et votre poitrine contre vos cuisses. Vos mains doivent protéger votre tête.» L’exercice d’ouverture des issues de secours latérales se révèle particulièrement exigeant. Si les manipulations pour débloquer la porte ne sont en soi pas difficiles, le poids de la structure – entre 16 et 20 kilos selon le type d’avion – surprend. «Avec l’adrénaline, elle paraît beaucoup plus légère», rassure Andy Clubb pendant la démonstration.

Pas d'eau froide

La question de l’amerrissage et des conditions d’évacuation est d’abord traitée avec des vidéos montrant le cas, jugé exemplaire, qui s’est produit à New York sur la Hudson River en 2009, avec un avion de la compagnie US Airways. Si le centre de formation de British Airways ne pousse pas l’exercice pratique jusqu’à plonger dans l’eau froide, les élèves peuvent tester les toboggans d’urgence d’un Airbus A320. Situés à une dizaine de mètres du sol, ils donnent un aperçu très concret des gestes à adopter. Les bras en croix contre la poitrine, on s’élance vite sans se poser trop de questions avant de rebondir sur un tapis qui amortit la chute. On ressort du cours avec une promesse: celle de ne plus plonger son regard dans un bouquin ou à travers le hublot quand la cheffe de cabine rappellera les gestes de sécurité au décollage.

Créé: 01.10.2014, 15h20

Pratique

www.ebaft.com
Cours pour particuliers d’une demi-journée: 162 £, soit environ 247 fr.

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