«La Magie du rangement» a ses fées du logis

Eliette et Marieke Staub désencombrent selon la méthode prônée par le best-seller de Marie Kondo.

Eliette Staub (au premier plan) et sa sœur jumelle Marieke, sont spécialistes du désencombrement.

Eliette Staub (au premier plan) et sa sœur jumelle Marieke, sont spécialistes du désencombrement.

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Trier, jeter, ranger ne serait plus barbant. Mais au contraire amusant. Car pour savoir s’il faut garder un objet, il suffit de le toucher, et de se demander s’il nous apporte de la joie. C’est en tout cas la voie vers le désencombrement révélée par la Japonaise Marie Kondo dans La Magie du rangement. Le livre paru en traduction française en 2015 a déjà séduit plus de 2,5 millions de lecteurs dans le monde. Sortie en mai, l’édition de poche francophone a occupé le sommet des ventes, notamment en Suisse romande. Et, nouveauté, dans le sillage de l’ouvrage sont nées des formations à la méthode KonMari, surnom de Marie Kondo. Eliette et Marieke Staub sont les premières consultantes en Suisse, et même en France où elles interviennent aussi, à désencombrer selon ces préceptes. L’une vit à Lausanne, l’autre à Genève, et elles œuvrent ensemble à l’enseigne de Clarity.

L’inventrice de la méthode l’assure, le processus d’épure marque l’esprit à tel point que certaines personnes ont changé de mode de vie, de travail, voire de conjoint. La Magie du rangement a effectivement bouleversé les trajectoires professionnelles des sœurs Staub. Elles racontent, dans l’appartement lausannois de Marieke, désencombré mais chaleureux, loin de l’épure froide des catalogues de meubles: «Nous avons toujours adoré trier et revendre dans les brocantes. Puis un jour, sur un stand voisin, une dame de 75 ans se débarrassait d’une masse de choses, nous avons réalisé que nous ne voulions pas avoir à faire comme elle.»

Marieke reçoit peu après de sa sœur La Magie du rangement. «J’étais en retraite de yoga, je n’avais qu’une envie, rentrer chez moi pour faire le désencombrement.» La fraîche trentenaire a étudié l’architecture d’intérieur à la HEAD à Genève, puis travaillé durant cinq ans comme assistante de réalisation dans le cinéma. «Trier et ranger m’a apporté un si grand bien-être que j’étais triste d’avoir fini. J’ai alors décidé de le faire chez les autres.» Eliette, active dans le marketing, la rejoint dans sa démarche. Les jumelles partent ensuite suivre une session de formation à New York, pour obtenir la certification KonMari. Puis elles se lancent. Au cours de sessions de cinq heures, elles aident à jeter, et à trouver des solutions créatives pour ranger. Sans imposer un quelconque style d’aménagement intérieur.

Tout dans une seule armoire

Chez Marieke, l’entier de sa garde-robe, le linge de lit et une grande partie de ses chaussures tiennent dans un placard encastré à deux portes. Il accueille aussi tous ses papiers administratifs, circonscrits à quatre enveloppes. Sans compter son «bureau», contenu dans une petite boîte qu’elle n’a qu’à déplacer sur la table du salon lorsqu’elle travaille. Et le tout, dans une présentation aérée. «Je suis un peu extrême puisque je n’ai, par exemple, qu’un pull d’hiver, mais nos clients peuvent faire autrement, chacun doit trouver ce qu’il a envie de garder. L’important, c’est de n’être ensuite entouré que par les choses qu’on aime.» Elle souligne aussi le côté pratique: «Je sais exactement où se trouve chaque chose, ça évite le stress au quotidien et ça donne une certaine tranquillité d’esprit. Si on me demande de préparer des affaires en 15 minutes pour partir en voyage, ça ne me pose aucun problème.»

Etre continuellement en quête de ses clés ou de son parapluie est un des motifs qui pousse à faire appel aux consultantes. Ou, plus généralement, l’impossibilité de gérer tout le désordre accumulé: «Beaucoup de nos clientes sont des mamans qui travaillent et n’ont jamais le temps de ranger, remarque Eliette. Il y a aussi pas mal de personnes qui souhaitent mettre de l’ordre après une séparation.»

Valérie Guillard, maître de conférences en marketing à l’université Paris-Dauphine, est spécialisée dans la façon dont les objets circulent. Elle observe: «Le succès de la méthode me semble lié à l’idéal de reprendre le contrôle de son environnement, l’envie de liberté et de légèreté. La majorité des gens sont envahis d’objets, ceux qu’ils achètent bien sûr, mais aussi qu’ils reçoivent ou dont ils héritent.» Elle prévient toutefois: «Sur le papier ça a l’air très facile de choisir que jeter ou que garder, mais le rapport que nous entretenons avec les choses est très ambivalent.» Cette Lausannoise, qui souhaite garder l’anonymat, le reconnaît: «J’ai compris que je devais me désencombrer, notamment après le décès de ma mère, dont j’ai d’abord gardé beaucoup d’habits. J’ai ensuite tout donné, mais je devais continuer avec mes affaires. Je pensais pouvoir le faire seule, mais je n’y suis pas arrivée. En deux séances avec Marieke et Eliette, l’appartement a vraiment changé d’allure, j’ai retrouvé sa beauté et son calme, auparavant invisibles.»

www.claritybym.com

Créé: 09.10.2016, 12h35

La méthode en bref

Après avoir testé toutes les solutions pour vaincre le désordre, Marie Kondo a?créé la sienne, qui passe par un tri drastique. Pas question, par exemple, de se débarrasser périodiquement des habits non utilisés depuis une ou deux saisons. Selon la Japonaise, la purge doit au contraire se faire une bonne fois pour toutes, dans un effort soutenu et condensé dans le temps. L’expérience ainsi vécue inciterait à ne plus jamais laisser revenir le fouillis. Mais comment procéder? Il s’agit de laisser la raison de côté en prenant dans les mains chaque objet pour déterminer s’il apporte de la joie. Le but étant de se retrouver au final uniquement avec ce que l’on aime, ou que l’on juge nécessaire à la vie quotidienne. Agir par catégorie aiderait à?affûter sa capacité à jeter. Après les?vêtements viennent les livres et les?papiers administratifs (Marie Kondo ne conserve que les indispensables dans deux catégories: à traiter et à conserver). Suit le «komono», mot japonais désignant les choses du quotidien tels qu’appareils ménagers, fournitures pour la maison ou le maquillage, pour finir par les objets à valeur sentimentale, comme les photos. La place gagnée permet alors parfois de supprimer des meubles de rangement…




La Magie du rangement
Marie Kondo
Ed. Pocket, 232 p.

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