Des foulards chic et choc

TendanceMyriam Jung et Jérôme Chapat imaginent à quatre mains des étoles psychédéliques inspirées du mouvement dada. Du découpage d’images de magazines naissent de vrais tableaux extravagants.

Myriam Jung et Jérôme Chapat ont lancé leur collection de foulards en 2015. C’est dans leur atelier de Bienne qu’ils travaillent les motifs.

Myriam Jung et Jérôme Chapat ont lancé leur collection de foulards en 2015. C’est dans leur atelier de Bienne qu’ils travaillent les motifs. Image: Jean-Paul Guinnard

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L’atelier d’artistes que partagent Myriam Jung et Jérôme Chapat à Bienne est baigné de lumière. A l’entrée, des images d’animaux tirées de magazines sont épinglées sur un grand tableau. Devant la grande baie vitrée, un canapé de deuxième main côtoie des étagères métalliques remplies d’ouvrages d’architecture, de symbolisme ou de mode. Des colliers en bois et des statues taillés dans des lames de parquet – toutes conçues par Jérôme Chapat – décorent cet espace convivial et atypique, à l’image de leurs propriétaires. C’est ici que le couple crée depuis 2015 ses foulards baptisés Dadadésir.

Projet à quatre mains

«Tout est parti d’un exemplaire unique que j’avais imaginé à partir d’une carte de vœux», lance d’une voix claire et chaleureuse Myriam Jung. Cette couturière de formation, qui a travaillé comme directrice artistique dans plusieurs magazines, dont Marie Claire Maison à Paris, gère désormais sa propre agence de graphisme dans les mêmes lieux. Quant à Jérôme Chapat et ses multiples métiers – ébéniste, designer ou encore logisticien – il a quitté sa France natale pour Genève, puis Londres avant de rejoindre sa tendre moitié à Bienne.

Les mêmes aspirations créatrices habitent le duo. Complice mais surtout complémentaire, chacun apporte sa griffe à ce projet entièrement réalisé à quatre mains. «Nous nous sommes rencontrés il y a dix ans à Saint-Ursanne autour d’un projet artistique, explique Myriam Jung. Nous aimons tous les deux le monde de la nuit, l’univers gothique, l’electro. Malgré son apparence rock, Jérôme écoute aussi de la bossa nova. Personnellement, la mode m’inspire énormément. La nature aussi.» Leurs influences éclectiques nourrissent leur univers commun où le maître mot, déconstruire pour mieux reconstruire, est à l’image du mouvement dada qui a inspiré le nom de leur marque.

Le papier comme inspiration

Sur la grande table de travail de Jérôme Chapat trône plusieurs boîtes remplies de motifs coupés dans des magazines. «J’en ai des piles entières sur la mode, l’architecture, le design, le tourisme. J’adore le papier.» Rose blanche, huître bleue, abricots du Valais, mouton, robe de couturier, tête de mort ou encore insecte: il marie des formes improbables en jouant sur les synergies entre matière et couleur. En découlent des tableaux surréalistes comme une brebis – «Dolly, la première à avoir été clonée», précise Myriam Jung – entourée de roses, d’une veste en cuir et d’un pouf de designer. Une fois le collage terminé, Myriam Jung intervient. Elle le scanne puis le réinvente à sa façon. «J’aime développer les textures», dit-elle en montrant des dessins à l’encre de Chine qu’elle numérise et superpose à la création originale.

«Je travaille par couches avec Photoshop. Je rajoute des petits animaux – je les adore – des symboles tirés de mes livres ou des détails girly décalés. Certaines formes disparaissent, d’autres naissent, apportant une nouvelle touche de légèreté.» Et Jérôme Chapat d’ajouter: «C’est génial de voir le découpage évoluer ainsi.» Le résultat final ne ressemble guère à l’original, si ce n’est qu’il en garde l’esprit.

Pour l'été et l'hiver

Depuis ses débuts, le couple a décidé de réaliser ses foulards en Italie dans une fabrique familiale afin de garantir la qualité et de choisir personnellement les étoffes. L’occasion ainsi, chaque année, d’organiser un petit voyage vers le lac de Côme en compagnie de la mère de Myriam, couturière, qui occupe une des deux pièces de l’atelier du couple.

Les foulards, en soie et coton, pour la collection estivale et en laine et viscose pour l’hivernale, se déclinent en trois tailles. «Chaque dessin est produit en édition limitée. Nous préférons l’intimité des petites boutiques aux grandes enseignes», conclut Jérôme Chapat qui apprécie présenter en personne l’univers psychédélique de ses collections à ses futurs revendeurs.


Points de vente sur www.dadadesir.ch De 63 à 320 fr. (24 heures)

Créé: 14.04.2017, 14h03

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