La nature étouffée par les cosmétiques à usage unique

TendancesDernier-né dans la famille écolo-beauté, LastSwab est un coton-tige lavable et donc réutilisable. Il n’est heureusement pas le seul.

Un calamar embroché sur un coton-tige: un des exemples de l’effet désastreux des produits cosmétiques à usage unique sur l’environnement.

Un calamar embroché sur un coton-tige: un des exemples de l’effet désastreux des produits cosmétiques à usage unique sur l’environnement. Image: DR

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Les images des océans, plages, cours d’eau et autres merveilles de la planète ensevelis sous des tonnes de plastique font le tour du web. Parmi ces déchets, des montagnes de rondelles d’ouate, de lingettes démaquillantes, de tampons et autres serviettes hygiéniques, de bouteilles de shampooing, témoignent du prix écologique des produits cosmétiques à usage unique. Heureusement, la prise de conscience est réelle et les solutions arrivent, partagées elles aussi via la magie des réseaux. On teste, on tente et on finit par adopter certains petits gestes pour soi, mais qui en deviennent de grands pour l’humanité.

Des poubelles qui débordent

Témoin privilégié, parmi tant d’autres, de cette mouvance, Alen Glavan, maquilleur et formateur chez Clarins Suisse, une marque qui place la nature au cœur de son discours. «Je suis hyperécolo dans la vie, mais dans mon métier, l’hygiène passe avant tout. Ça me fait mal de voir les poubelles débordant de cotons au terme de mes formations, alors je m’efforce d’attirer l’attention de tout le monde sur ce problème et de trouver des petites astuces.»

Sur le front aussi bien dans les instituts que dans les magasins, ce fan de nouveautés dispense aussi ses conseils à Mademoiselle et Madame Tout-le-monde. «J’ai remarqué une réelle prise de conscience quant à la composante de nos produits et l’origine des ingrédients de nos crèmes, fonds de teint, etc. Chez Clarins, on essaie au maximum d’utiliser des ingrédients locaux, voire européens, mais ça ne ferait aucun sens, écologiquement parlant, d’essayer de faire pousser du karité sous serre en France, par exemple. Alors on continue à l’importer, tout en cherchant d’autres ingrédients aux propriétés similaires… Nos clientes aiment rester très informées sur le contenu, mais aussi sur le contenant de ce qu’elles achètent. Le fait que les emballages sont réduits au minimum, ou que le flacon de Milky Boost, notre dernier lait de teint, soit entièrement produit en France ne les laisse pas indifférentes.» Pourtant, la grande majorité continue à se démaquiller avec des cotons, de la ouate ou des lingettes préimprégnées…

Couper la rondelle en quatre

«C’est malheureusement encore vrai, reprend Alen Glavan. Si moi je suis obligé par mon métier de prendre à chaque cliente une nouvelle rondelle de coton, je l’utilise des deux côtés, ou alors je la coupe en quatre pour poser chaque quart avec du dissolvant sur un ongle. Et même avec un démaquillant biphasé pour les yeux qu’avec un vernis bien rouge qui tient, ça reste très efficace. On fait ainsi de sacrées économies, sachant qu’une femme utilise en moyenne six de ces cotons pour son démaquillage quotidien. Je leur parle aussi des lingettes réutilisables en microfibre pour leur usage personnel. C’est hyperefficace et agréable à utiliser avec de l’eau chaude.»

Pour la plupart d’entre nous, ne laisser aucune trace environnementale paraît encore impossible. On fait donc chacune un petit quelque chose dans le bon sens. Que ce soit au quotidien pour le nettoyage du corps et du visage, de manière hebdomadaire pour le shampooing ou mensuellement pour les protections périodiques. Même minime, le changement vaut le coup!

Créé: 14.03.2020, 11h54

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Les shampooings solides

Ici, ce n’est pas à proprement parler le produit qui est mis en cause, mais son emballage. Si beaucoup d’entre nous sont revenus à l’usage du bon vieux pain de savon sous la douche, pas forcément évident de remplacer son shampooing onctueux – et souvent joliment coloré et parfumé – par une version solide à l’aspect plus brut. «Je suis dans une démarche personnelle cherchant plus de naturel et plus d’autonomie, explique Sandra Imsand, journaliste à la Ville et bricoleuse de génie en permanence. Un jour j’ai regardé l’écriture de fourmi sur ma bouteille de shampooing et ça a été le déclic: plus question que je paie pour un emballage non recyclable contenant trois quarts d’eau et pour le reste plein de choses dont j’ignore pour la plupart ce qu’elles sont.» C’était il y a environ 6 ans. Depuis, la pétillante fondatrice d’Esperluette a peaufiné sa recette et propose des shampooings solides – ainsi que des ateliers pour apprendre à les faire – au nombre d’ingrédients limité. «On ne peut pas se passer d’huile, de poudre lavante et de tensio-actif, c’est ce qui fait mousser, et si la mousse n’est pas forcément utile, elle est importante psychologiquement pour les utilisateurs. J’y ajoute des huiles essentielles suivant le style de chevelure ou je les remplace par des fragrances naturelles. C’est l’avantage d’une petite structure: mes clients peuvent presque me demander du sur-mesure. Et si le pain (qui coûte 5fr.) a tendance à se casser à la fin, on le met dans un collant et on n’en perd pas une miette!»

www.esperluette.site

Les lingettes en microfibre

Comme souvent, les excellentes idées à partager viennent d’un cas personnel. Babette Keller Liechti travaille dans le monde de la haute horlogerie et de la haute joaillerie. Depuis 1991, elle est leader mondial en microfibre pour ce secteur hyperexigeant. Mais la Suissesse souffre aussi d’une maladie rare qui fait que ses yeux rougissent et brûlent en permanence. Si bien que le démaquillage quotidien était devenu une véritable torture. «Avec ce tissu, on peut manipuler les montres aux mécanismes les plus complexes sans aucune empreinte, ni poussière, ni peluche ou rayure. Je me suis donc demandé s’il pouvait aussi être utilisé pour nettoyer, éliminer le sébum, la pollution et même le maquillage waterproof, sans jamais agresser l’épiderme? La réponse est oui!»

Les cotons-tiges démaquillants ou pour les oreilles

Dans leurs petits étuis funky (composés de maïs biodégradable, s’il vous plaît!) aux couleurs tendance, les cotons-tiges de la marque danoise LastSwab (10 fr. 95 l’unité) ont tout à fait leur place dans les concept stores, en mode gadget ludique. Mais c’est surtout dans les magasins bios – et chez Manor en Suisse – qu’on les trouve, parce qu’au-delà de leur look, ils sont tout simplement révolutionnaires au niveau écologique. Avec leurs embouts en élastomères thermoplastiques et leur tige en nylon rigide ils sont lavables et réutilisables au moins 1000 fois! Et dans un monde où 1,5 milliard de cotons-tiges jetables sont produits chaque jour et finissent trop souvent dans la nature, c’est un énorme pas en avant.

Les coupes menstruelles et culottes périodiques

Une semaine par mois, les femmes polluent bien malgré elles. Ou du moins c’était le cas pendant longtemps, car les protections hygiéniques étaient tout sauf écologiques. Depuis quelques années, la coupe menstruelle a fait une arrivée remarquée – mais aussi très discutée – sur le marché. «C’est absolument génial! Si ça avait existé à l’époque où mes règles ont commencé, je pense que je n’aurais jamais utilisé ni serviette ni tampon!» Stella, Lausannoise de 45 ans, est dithyrambique quand elle parle de la «cup», ce petit entonnoir de silicone médical que l’on place à l’intérieur du vagin pour y recueillir directement le liquide. Ce qu’elle semble ignorer, c’est que cette alternative aux protections menstruelles jetables existait bel et bien il y a une trentaine d’années déjà (son invention date même de 1937!). Elle a juste mis beaucoup de temps à être d’abord acceptée, puis commercialisée à grande échelle avant d’être adoptée par de plus en plus de femmes.

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