Les pêcheurs relativisent le manque de féras

EnvironnementLa pêche est moins prolifique depuis trois ans. Dans les faits, le tonnage capturé a explosé en une décennie.

Féras fraîchement pêchées (archives)

Féras fraîchement pêchées (archives) Image: Chris Blaser

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«Énigmatique amaigrissement des captures», «inquiétude des pêcheurs professionnels», «situation à prendre au sérieux». Un article paru récemment dans La Côte raconte les filets des pêcheurs professionnels moins fournis en féras et leurs inquiétudes à l’heure où le poisson vit un regain d’intérêts dans les assiettes.

Un coup d’œil aux statistiques confirme cette baisse de 10% chaque année depuis 2014. Et les échanges avec les pêcheurs laissent penser que la chute s’est poursuivie en 2017. Mais en élargissant la focale, les statistiques de pêche dans le Léman révèlent surtout l’explosion des captures de corégones blancs, appelés aussi féras, durant la dernière décennie. Alors qu’ils ont pêché 266 000 kilos de féras en 2007, les pêcheurs en ont capturé 735 000 en 2016. Le pic a été atteint en 2014 avec 975 000 kilos de poisson.

Pour Daniel Chollet, président de la Fédération internationale des pêcheurs amateurs du Léman, la baisse mesurée à court terme est donc «toute relative» et à mettre en perspective avec les statistiques à plus long terme. Pour lui, «le plus inquiétant est qu’on ne se soit pas inquiétés de la progression fulgurante des captures». Autrement dit et en termes plus familiers: «On a trop tapé dans les stocks ces dernières années, alors qu’il aurait fallu freiner.» Le pêcheur amateur reconnaît que plusieurs éléments peuvent expliquer la baisse des prises – prédation croissante des cormorans, réchauffement climatique, diminution du taux d’eutrophisation du lac – mais il pointe surtout la pression croissante exercée par la pêche professionnelle. Elle représente l’immense majorité des tonnages comptabilisés.

À Clarens (VD), Henri-Daniel Champier représente les pêcheurs romands qui vivent de leurs prises. Lui-même évalue à 30% la baisse des féras dans ses filets cette année. «On ne peut pas mettre la faute sur les pêcheurs professionnels, dit-il. Nous respectons strictement les contraintes (ndlr: limitation à 8 filets flottants dérivants par jour et interdiction de pêcher durant la période de reproduction entre octobre et janvier).» Comme les amateurs, il est conscient que les prises ont atteint des sommets récemment. C’est que la féra est économiquement beaucoup plus avantageuse que d’autres espèces. Pour sa part, il milite pour une régulation des cormorans et une intensification de l’alevinage. (24 heures)

Créé: 29.12.2017, 19h39

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