À la recherche d’un esprit de village égaré

Esprit des lieuxÀ Vufflens, il y a bien sûr le château. Cet édifice datant du XVe siècle attire les curieux des quatre coins du canton.

Attribuée à Henri de Colombier, la construction actuelle du Château de Vufflens peut être située entre 1415 et 1430. Mais la première mention de l’édifice remonte à 1108.

Attribuée à Henri de Colombier, la construction actuelle du Château de Vufflens peut être située entre 1415 et 1430. Mais la première mention de l’édifice remonte à 1108. Image: Philippe Maeder

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À Vufflens, il y a bien sûr le château. Cet édifice datant du XVe siècle attire les curieux des quatre coins du canton et d’au-delà en raison de sa remarquable architecture. La commune est également très connue pour son restaurant étoilé. L’Ermitage de Bernard Ravet, qui ravit les papilles des gastronomes depuis 1989. Mais le village ne se résume pas qu’à ses deux monuments. Derrière le donjon en briques de 60 mètres de haut et les assiettes bien dressées se cache une cité où il fait bon vivre. La preuve par les chiffres: de 216 habitants en 1950, Vufflens-le-Château a fêté la venue au monde de son 900e citoyen en 2017.

Une évolution importante dont Louis Vuffray peut témoigner. Né en 1936, il a vécu toute son existence dans la commune des hauts de Morges. «Je suis originaire de Vufflens-le-Château, je n’ai jamais déménagé et j’ai pris une épouse au village, sourit-il. C’est vous dire à quel point je suis enraciné ici.»

«Des artistes et artisans exposaient leurs œuvres, il y avait plusieurs fanfares et le spectacle des chœurs se déroulait dans une ambiance extraordinaire»

Affirmer que cet octogénaire fait partie des mémoires vivantes de la localité n’est en rien exagéré. Président de la chorale, syndic, municipal, sapeur-pompier, membre de la société de tir, officier d’état civil… Louis Vuffray a tout fait à Vufflens-le-Château. Et garde des souvenirs inoubliables de ses nombreuses années d’activité. «Notamment des Réjouissances de 1977 et 1985, fêtes que l’on avait mises sur pied au château avec la Chorale La Concorde, se remémore-t-il, les yeux pleins d’étoiles. À l’époque, les propriétaires de l’édifice étaient ouverts à l’organisation de ce genre d’événement. C’était incroyable! Des artistes et artisans exposaient leurs œuvres, il y avait plusieurs fanfares et le spectacle des chœurs se déroulait dans une ambiance extraordinaire. Le public terminait même la soirée en buvant un verre dans les caves du monument.»

Des réjouissances auxquelles Sylvie Nussbaum se souvient d’avoir participé alors qu’elle était encore toute jeune. «Un de mes meilleurs souvenirs au village», affirme celle qui habite Vufflens-le-Château depuis 38 ans. Scrutatrice au Conseil général, elle assure aussi ne jamais vouloir quitter les lieux: «Je suis arrivée ici toute petite. L’attachement que j’éprouve pour ma commune est donc profond. En plus, on est tout près de la ville, ce qui est très pratique. Même si cela a également des inconvénients, comme le fait qu’on n’a plus de bistrot.» Un constat que partage Louis Vuffray, non sans une certaine nostalgie: «À l’époque, nous avions une poste, une laiterie, un café, une boulangerie et même un petit magasin. Aujourd’hui, les endroits où les habitants peuvent se rencontrer ont disparu.»

«L’âme de la commune se perd»

Restent tout de même quelques événements qui donnent l’occasion à la population de se réunir. Comme le Marché artisanal ou la Course aux œufs organisée par la Jeunesse dont Tristan Perey a longtemps fait partie. Vigneron âgé de 27 ans, il est membre du chœur d’hommes ainsi que du Conseil général. Et a l’impression que Vufflens-le-Château est devenu un village dortoir. «L’âme de la commune se perd, assure-t-il. Lors des animations, on est toujours les mêmes. Quelque 150 personnes dont la plupart vivent dans les environs du château ou le long de la route principale et sont nés ici. Mais qui sont les 750 autres habitants?»

Pour inverser la tendance, Tristan Perey a une piste: «Cela fait longtemps que je pense à lancer des Fenêtres de l’Avent. Ces moments de convivialité rapprochent les citoyens.» Louis Vuffray a également son idée sur la question: «Il faut que la Commune continue de mettre sur pied des événements, comme l’apéritif de Noël avec vente des sapins et petits contes qui a été organisé cette année en collaboration avec l’école. Il y avait le double du monde que d’habitude. Notamment des jeunes familles que je n’avais jamais vues. Pour quelqu’un ancré dans le village comme moi, ça fait bizarre de découvrir autant de nouvelles têtes. Mais que voulez-vous, je ne vais pas aller frapper à chaque porte pour me présenter.» (24 heures)

Créé: 07.01.2018, 09h43

Les Gens



Louis Vuffray habite Vufflens-le-Château depuis huitante et un ans.




Sylvie Nussbaum fait partie du comité d’organisation du Marché artisanal qui a lieu chaque année.




Retraité de la Jeunesse de Vufflens-le-Château/Chigny, Tristan Perey est membre du Conseil général.

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