«De là-haut, je verrai des choses qu’on ne voit jamais»

RécitXavier Rosset s’apprête à faire le tour du monde en ULM, une première mondiale. Il y a quelques années, cet aventurier attachant avait passé 300 jours sur une île déserte.

Xavier Rosset aime les chiffres ronds. Après avoir passé 300?jours sur une île déserte, le Valaisan prévoit de faire le tour du monde en 400?jours au guidon d’un ULM.

Xavier Rosset aime les chiffres ronds. Après avoir passé 300?jours sur une île déserte, le Valaisan prévoit de faire le tour du monde en 400?jours au guidon d’un ULM.

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Passionnante et ne ressemblant à aucune autre, la vie de Xavier Rosset, solide gaillard de 1,90 mètre au visage toujours barré d’un immense sourire et à la casquette éternellement vissée sur la tête, se lit comme un roman d’aventures.

Enfant de Verbier (VS) né il y a 39 ans, c’est évidemment sur la neige que Xavier Rosset fait ses premiers pas. Et c’est toujours sur fond blanc qu’il accomplit ses premières performances, lui qui devient l’un des meilleurs snowboarders freeride de la planète début 2000. Entre voyages sur les plus hauts pics du monde, du nord de la Suède à la cordillère des Andes, aux podiums des compétitions de freeride les plus courues du circuit, «Xav’» a vécu dix ans la tête dans la neige. Avant d’opérer un spectaculaire virage à 180° qui changera sa vie en 2008.

En jeune retraité des sports de glisse, le gaillard n’en abandonnait pas les sensations fortes pour autant puisqu’il troquait gants et bonnet contre un maillot de bain… et une machette. Pour vivre le deuxième grand chapitre de sa vie.

Après des années passées en montagne constamment entouré, Xavier Rosset faisait le choix inverse: celui de la solitude et de la mer. Mais un choix radical puisque l’idée – complètement folle – consistait à passer 300 jours, seul, sur un minuscule bout d’île volcanique perdu en plein océan Pacifique avec comme unique outil la fameuse machette pour se nourrir. Et pour survivre. Celui qu’on surnomme depuis «le Robinson valaisan» en ramènera un film, une conférence, et fera les gros titres de la presse internationale.

Si une telle aventure aurait largement comblé les envies d’ailleurs de tout un chacun, ce n’est évidemment pas le cas du natif de Verbier. A peine revenu, loin d’être rassasié, il ne pensait d’ailleurs qu’à repartir! Le troisième chapitre de la vie de Xavier Rosset, moins connu, s’écrira ainsi en Arabie saoudite, où il s’essaiera à l’installation de pipelines en plein désert. En véritable hyperactif, «Xav’» en profitera surtout pour concocter son nouveau projet. Qu’il nous a présenté cet été.

La scène se passe le 26 juin dernier, à Arc-sous-Cicon, bourgade française à quelques encablures de Pontarlier, à 7 h 30 du matin. A côté d’un hangar où dorment une dizaine d’ULM et autres coucous, une immense tente de camping savamment aménagée, table à manger et coin cuisine en prime, se réveille doucement. «T’as vu comme il fait beau? Et pas un pet de vent, c’est parfait!»

Le sourire n’a pas fléchi, la casquette est là, le tutoiement systématique toujours de rigueur. Xavier Rosset n’a pas changé. Ses envies d’ailleurs et ses rêves un peu dingues sont toujours aussi vivaces. «Sur mon île, j’ai passé énormément de temps seul, à ne rien faire d’autre que de survivre. Aujourd’hui, j’ai envie d’aller vers les autres, de découvrir les cinq continents», lance l’aventurier, dont le nouveau projet consiste en… un tour du monde au guidon d’un ULM, vélomoteur des airs au cockpit décapotable!

Robinson se prend désormais pour Icare et le prochain chapitre de la vie de Xavier Rosset s’écrira donc dans les airs. L’aventure, lancée en octobre 2016, sera accompagnée d’une prouesse aux allures de première mondiale: l’ULM parcourra plus de 80 000 kilomètres dans les cieux. «Une telle expédition n’a jamais été tentée, confirme Xavier Rosset, qui ne semble sincèrement pas en faire grand cas. La notion de record ou de première mondiale ne m’intéresse pas.

En l’occurrence, l’ULM n’est qu’un moyen de transport, pas un choix délibéré pour établir un record. C’est l’unique véhicule qui peut véritablement atterrir et décoller n’importe où, même dans des endroits difficiles d’accès. L’objectif est d’aller à la rencontre des autres et de voir le monde d’une façon inédite. De là-haut, je verrai des choses qu’on ne voit jamais», poursuit l’apprenti pilote, qui multiplie les heures de vol depuis des mois.

Assise près de lui sous la tente, Nataly, sa compagne, est de toutes les aventures. Dans l’ombre. Il y a quelques années, elle suivait la survie de son Robinson depuis la Suisse, veillant au site Web. Pour ce nouveau challenge, elle campe le copilote. «Les premiers vols m’ont fait un peu peur, mais ça va de mieux en mieux», sourit la jeune femme, qui ne cache pas une certaine appréhension tandis que Xavier Rosset détaille son projet.

«J’ai davantage peur pour cette expédition que pour le séjour sur l’île déserte», confie-t-elle. «Sur Tofua, je ne devais m’occuper que de trouver à manger en prenant garde à ne pas me blesser. C’était le seul danger. Pour le tour du monde en ULM, il y a les données aérologiques et climatiques qui rentrent en compte», poursuit le Valaisan en guise de confirmation. Mais en bon montagnard, le bonhomme ne se lance pas sans préparation. En cas de pépin, entre procédures d’urgence, canot de secours, balise GPS et fusée de détresse, tout est en effet prévu. «Un expert météo sera également de l’aventure», rassure Xavier.

Aujourd’hui en pleine préparation et à la recherche de partenaires, l’aventurier s’entraîne et vole au côté de son ami Olivier Vittel, embarqué lui aussi dans le projet. «Nous serons deux, confirme Xavier Rosset. Mais nous ne volerons pas toujours ensemble. Pour la traversée de l’Atlantique, 2500 kilomètres au-dessus de l’Océan d’une traite, il n’y aura que moi», sourit Xavier Rosset, à qui la stupéfaction qu’il suscite en évoquant un tel survol à bord d’un ULM n’a pas échappé. «Je porterai une combinaison étanche et autoflottante ainsi qu’un masque à oxygène», lance Xavier Rosset, qui à décidément réponse à tout. «Pour atterrir et décoller au Groenland, la machine sera posée sur des skis.»

A force de questions, on en trouvera enfin une à laquelle Xavier Rosset ne peut – ou ne veut – pas répondre. Quelle sera sa prochaine aventure?

AventurierXavier Rosset aime les chiffres ronds. Après avoir passé 300 jours sur une île déserte, le Valaisan prévoit de faire le tour du monde en 400 jours au guidon d’un ULM. DR

Il a dit

«Pour atterrir et décoller au Groenland, la machine sera posée sur des skis»

Xavier Rosset, aventurier

Créé: 19.09.2015, 08h11

En altitude ou en rase-mottes, l’ULM parcourra plus de 80'000 kilomètres. (Image: DR)

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