L’allergie au bouleau fait des ravages cette année

PollensLes floraisons de mars ont provoqué de?virulents rhumes des?foins. Etat des lieux et conseils.

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En Suisse, 1,2 million de personnes, soit 15?à 20% de la population, sont allergiques aux pollens. Si la pluie leur apporte un peu de répit ces jours, 2012 a démarré en fanfare. Le bouleau et le frêne ont fleuri il y a dix jours, alors que normalement, en Suisse romande, les narines sensibles commencent tout juste à picoter.

Or ce mois de mars clément a favorisé une floraison précoce et intense, et de fortes réactions allergiques. «Il a fait chaud et très sec, sans pluie pour éliminer les pollens en suspension. Il y a une forte population de patients qui souffrent davantage que les années précédentes avec, en plus, des symptômes classiques de rhinite et de conjonctivite, des problèmes respiratoires sous forme de toux et d’oppression thoracique évocateurs d’un asthme», explique le Dr Camillo Ribi, chef de clinique à l’unité d’allergologie aux Hôpitaux universitaires de Genève.

Allergie au bouleau en hausse

La floraison promet d’ailleurs de continuer à être abondante, selon Andreas Pauling, biométéorologue chez MétéoSuisse. «Les bouleaux ont beaucoup de chatons, ce qui n’est pas le cas toutes les années.» Il vaut donc la peine de prendre ses précautions. D’autant que l’allergie au bouleau est de plus en plus fréquemment observée, selon le Centre d’allergie suisse à Berne: «70% des allergiques réagissent aux pollens des graminées, mais les observations médicales ont mis en évidence de plus en plus de problèmes avec le bouleau», note la porte-parole Annelise Lundvik.

Il n’existe toutefois pas de chiffres précis sur le phénomène. Et, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, on n’est pas mieux loti dans les villes, où le feuillu incriminé est très présent. «Pour les deux semaines à venir, il faut aller en montagne, où ces arbres n’ont pas encore fleuri», suggère le biométéorologue.

Rhume ou allergie?

Mais comment savoir si l’on est victime d’une allergie, d’un rhume classique ou d’un résidu de grippe? «Faire la distinction n’est pas toujours facile, car les infections virales sont fréquentes en cette période et les premiers pollens apparaissent dès la mi-janvier.

Si rhume et toux durent plus d’une semaine et sont accompagnés d’irritations des yeux, d’éternuements intempestifs ou d’une difficulté à respirer, il s’agit probablement d’une allergie respiratoire», observe le Dr Ribi.

Le traitement? «On peut acheter des antihistaminiques en pharmacie, mais ils sont moyennement efficaces. Ils permettent de contrôler une partie des symptômes, mais pas de déboucher le nez ou de soigner un asthme. Pour cela, il faut des sprays à base de dérivés de cortisone, disponibles sur ordonnance.»

Quant à la désensibilisation, «ce n’est pas la bonne saison pour commencer, avertit le spécialiste. Il faut faire des tests sur la peau avant et entamer le traitement quand il n’y a plus d’allergènes dans l’air. On fait des injections chaque semaine pendant trois?mois, puis chaque mois pendant trois?ans. C’est assez contraignant, mais efficace chez 4?personnes sur 5.» Il existe aussi des gouttes ou des comprimés, à prendre avant le début de la saison.

Le futur? «La recherche planche sur un vaccin suffisamment atténué pour permettre de réduire le nombre de piqûres, sans risque de déclencher des réactions allergiques.» Au CHUV, on travaille sur une méthode de désensibilisation en cinq injections sur huit semaines. Les résultats des études préliminaires sont attendus l’an prochain. (24 heures)

Créé: 04.04.2012, 07h17

Les précautions à prendre

Limiter les séjours à l’air libre lors de fortes concentrations de pollens.
Porter des lunettes de soleil.
Préférer le sport en salle ou par temps pluvieux, ou encore le soir ou tôt le matin.
Se laver les cheveux le soir, pour ôter les pollens.
Aérer brièvement en cas de beau temps, et davantage lorsqu’il pleut.
Installer des filtres antipollens dans la voiture et sur le rebord des fenêtres.
Ne pas sécher le linge à l’extérieur.
Pour les allergiques au pollen de bouleau, attention en milieu citadin.
Préférer la montagne et la mer, où le pollen est en général moins abondant.
Consulter le site meteosuisse.ch, qui donne des prévisions quotidiennes sur les taux de pollens. Une carte géographique plus détaillée des pollens mise à jour chaque semaine est aussi disponible. Baptisé Cosmo-Art, l’outil a été adopté l’an passé, et permet aussi de dater précisément le début des floraisons.

Informations:

www.aha.ch , pollenetallergie.ch, et l'application iPhone Pollen-News.

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