Les 2000 fleurs vaudoises ont besoin d'aide amicale

Nature Le Cercle vaudois de botanique prépare un atlas papier et numérique de la flore qui paraîtra en 2020.

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Nous sommes au bord d’un marais, quelque part du côté de Cossonay. Un héron pourpré vient de s’envoler. Les grenouilles coassent. Un pic salue tout le monde. Trois humains sont penchés sur des fleurs minuscules qu’ils déterminent soit avec leurs profondes connaissances, soit à l’aide de l’application numérique Flora Helvetica, soit en fouillant dans un livre. Ils sont, avec plus de 150 autres bénévoles et biologistes, tous passionnés, en plein recensement de la flore vaudoise. Leur objectif: publier, en 2020 si tout va bien, un atlas qui mettra à disposition du public, des écoles, des autorités politiques, donc de l’avenir, l’état des lieux d’un monde discret qui a beaucoup souffert ces dernières décennies. Pour ne rien rater, le canton a été divisé en parcelles de 5 km sur 5 km qui sont parcourues à petits pas par les observateurs. S’arrêter, regarder, repérer, identifier, noter, entrer dans la base de données, continuer. Le travail est énorme. Passionnant mais harassant. Joëlle Magnin-Gonze, conservatrice aux Musée et Jardins botaniques vaudois, présidente du Cercle vaudois de botanique, explique pourquoi les 1000 pages attendues sont nécessaires.

Pourquoi refaire un atlas cent trente-quatre ans après le catalogue – le seul! – de Théophile Durand et Henri Pittier?

Nous perdons la biodiversité, tout l’équilibre de la nature est en train de se déstabiliser. Cet atlas est donc important pour avoir une référence solide, concrète, pour comparer l’état de la flore de 2020 avec celui de 1882. Et pour décider si on reste dans l’érosion ou si on fait des progrès dans la protection.

Dans quel état se trouve la flore du canton de Vaud?

Depuis plusieurs décennies, dans le canton, l’appauvrissement de la flore a été considérable. Beaucoup d’espèces végétales ont disparu. Cet étang où nous nous trouvons, par exemple, a déjà été restauré par des gens attentifs mais devra être protégé et entretenu pour que sa précieuse biodiversité soit conservée. L’atlas sera donc un outil qui orientera tous les travaux de conservation et d’entretien de la nature. En cela, tous les organismes, institutionnels, ONG, attendent cet ouvrage avec impatience. On ne peut prendre de bonnes décisions qu’avec un solide outil de référence, un constat scientifique étayé, sérieux, irréfutable. Quand on est en face de quelqu’un qui ne veut pas entendre, sans référence et sans preuves, on est impuissant.

Cet atlas pourra-t-il changer la vision des générations futures?

Après 2020, nous serons mieux équipés pour comprendre ce qui nous entoure. Les générations qui n’auront pas connu la biodiversité de jadis pourront protéger celle qui reste. En lisant la littérature du début du XXe siècle, on constate que certaines plantes étaient fréquentes, voire communes dans le canton de Vaud, et qu’elles sont fort menacées ou qu’elles ont disparu. Sur les 2000 espèces actuelles, la majorité sont peu fréquentes ou rares. Heureusement, la montagne garde des zones inaccessibles, et d’autres surfaces ont été conservées en tant que réserves, comme les Grangettes ou la Grande Cariçaie, grâce à des personnes ou des organismes lucides et en avance sur le temps. Mais la pression démographique est telle que la protection de la nature apparaît toujours comme l’enquiquineuse.

De quoi avez-vous besoin, aujourd’hui, pour mener à bien votre projet?

Nous avons un budget d’un peu plus de 1 million. Des fondations privées nous soutiennent pour un tiers environ. Cet argent sert à la création de l’infrastructure informatique, au développement d’applications numériques, à payer deux collaborateurs qui coordonnent les aspects scientifiques et administratifs, avec les 150 bénévoles. Actuellement nous cherchons des fonds car à la fin de 2017 nous n’aurons plus 1 franc! Mais ce n’est pas facile: nous avons envoyé à chacune des quelque 300 communes vaudoises un dossier de demande de soutien. Nous avons reçu quinze réponses. Pas toutes positives! Nous lancerons une campagne de recherche de fonds en juin. Ce beau projet est sérieux, il concerne toutes les générations et tous les milieux. Il mérite de l’aide!

www.atlasflorevd.ch/atlas e-mail du projet Atlas: info@atlasflorevd.ch //atlasflorevd.ch (24 heures)

Créé: 28.05.2016, 12h08

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