Les hommes diplômés souvent victimes de violences conjugales

EtudeSelon une étude française, les hommes très diplômés ont plus de chances d'être victimes de violences conjugales que les autres. L'argent ou la position sociale sont souvent en cause.

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Quand on leur demande s'ils ont déjà subi des violences de la part de leur conjoint(e), les hommes diplômés de l'enseignement supérieur ont deux fois plus de chances de répondre oui que les autres, a révélé mardi une étude de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP).

Menée entre 2008 et 2012, l'enquête s'est attachée à distinguer les profils des personnes victimes de violences conjugales. Chez les hommes, c'est le diplôme qui apparaît comme l'un des facteurs les plus discriminants. Et ce aux deux bouts de l'échelle sociale: ceux qui sont «peu ou pas diplômés» sont 1,6 fois plus touchés que la moyenne et ceux qui font partie «des plus diplômés» sont 2,1 fois plus touchés que la moyenne.

Ces résultats n'étonnent pas Sylvianne Spitzer, psychologue et criminologue, fondatrice de SOS hommes battus, la seule association spécifique d'aide aux hommes victimes de violences conjugales. «Nous avons en effet constaté, parmi les témoignages que nous recevons, qu'il s'agit surtout d'étudiants et de chômeurs, d'une part, et d'autre part de professions supérieures type médecins, avocats ou entrepreneurs».

L'argent en cause

La psychologue explique ces situations par la place prise par l'argent au sein de ces couples. «Soit les compagnes d'hommes sans argent leur reprochent un train de vie qu'elles jugent insuffisant, soit, dans le cas des hommes sur-diplômés, elles ont recherché leur conjoint pour sa situation sociale et ne supportent pas que celle-ci régresse ou ne progresse pas assez».

Responsable des statistiques à l'ONDRP, Cyril Rizk risque une autre interprétation. «En général, les gens se marient à un niveau de diplôme égal. On peut donc imaginer qu'au sein des couples très diplômés, le rapport de force soit à l'avantage de la femme».

Estime de soi

Seconde hypothèse émise par le chercheur: «Peut-être qu'au sein de ces couples, les femmes ont plus d'estime d'elles-mêmes, se laissent moins faire et répondent plus facilement aux violences de leur conjoint». En effet, précise le statisticien, le questionnaire de l'étude ne demandait pas aux hommes qui déclaraient avoir subi des violences «s'ils avaient commencé ou pas».

Quoi qu'il en soit, s'il est utile de rappeler que les hommes peuvent aussi être victimes de violences conjugales, l'étude de l'ONDRP montre que les femmes restent les premières touchées. Tous critères confondus, elles sont en effet trois fois plus nombreuses que les hommes à déclarer avoir subi des violences (respectivement 18,4%o et 6,4%o). Dans son dernier rapport annuel, l'Observatoire indiquait que, parmi les 174 personnes qui sont mortes en 2010 sous les coups de leur conjoint, 146 étaient des femmes et 28 étaient des hommes. (ats/nxp)

Créé: 23.10.2012, 17h49

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