Des bracelets électroniques pour surveiller les élèves obèses

Etats-UnisUtiliser des bracelets électroniques pour lutter contre l’obésité infantile: une initiative prise dans le New Jersey crée la polémique.

Les enfants obèses sont de plus en plus nombreux aux Etats-Unis

Les enfants obèses sont de plus en plus nombreux aux Etats-Unis Image: AFP

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Un district scolaire du New Jersey pense avoir trouvé un moyen de combattre l’obésité de certains élèves : les mettre sous surveillance via un bracelet électronique.

A l’origine du projet, Teg Nagengast, directeur du département d’athlétisme du district de Bay Shore, à Long Island: pour lui, «l’obésité infantile est une épidémie contre laquelle il faut lutter avec un engagement maximal », peut-on lire sur le site de La Stampa.

La mesure peut surprendre : les bracelets Polar Active Electro sont semblables à ceux destinés aux détenus en liberté surveillée. Ils recueillent des données sur l’activité physique, qui sont ensuite récoltées par des enseignants et téléchargées sur un site internet. Les élèves concernés et les professeurs chargés de leur santé sont les seuls à y avoir accès.

Les enseignants peuvent ainsi vérifier quelle activité physique l’élève a effectuée durant les dernières 24 heures, regarder comment son corps a réagi – le cœur principalement – et cibler des exercices en fonction de chaque enfant. Les bracelets enregistrent aussi les calories accumulées.

Vie privée pas respectée

Les Polar Active Electro coûtent 90 dollars (85 francs) l’unité et sont produits par une entreprise de Long Island, sous licence d’un exportateur finlandais. Le district scolaire de Bay Shore en a déjà acheté dix, pour aider les élèves les plus susceptibles de développer une forme d’obésité précoce.

Mais cette idée est loin de faire l’unanimité. Certains parents se sont plaints contre la direction de l’école, l’accusant d’avoir pris sa décision sans les en informer. L’Union américaine des libertés civiles (American Civil Liberties Union/ACLU) s’est également mobilisée.

Il s’agit d’une «violation des droits les plus élémentaires au respect de la vie privée, parce qu’il n’y a rien de plus personnel que les informations biologiques», a réagi le porte-parole de l’ACLU.

Virginia Rezmierski, experte en technologie et en protection de la vie privée à l’Université du Michigan, explique qu’un tel projet «peut éventuellement avoir une validité scientifique, mais en aucun cas être coercitif. La participation des élèves doit se faire sur une base volontaire». Sans quoi les familles peuvent se sentir envahies par une espèce de «Big Brother».

Hank Speerstra, porte-parole de l’entreprise qui produit les bracelets, réfute la comparaison orwellienne: «Suivre le rythme cardiaque permet aux professeurs d’éducation physique de mieux connaître leurs élèves et de leur faire comprendre comment leur corps réagit à ce qu’ils font.»

Créé: 17.01.2012, 14h19

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