La cité de l’éveil aux sciences

EscapadeA Volketswil (ZH), le centre ludico-scientifique KinderCity cartonne. Le concept va arriver à Yverdon.

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Quand KinderCity a ouvert ses portes, il y a treize ans, en bordure d’une zone commerciale de Volketswil, dans la banlieue zurichoise, «il y avait tout autour de nous des champs de maïs», lance son fondateur Jean Christophe Gostanian.

Dessus ont poussé de hauts immeubles qui témoignent de la démographie galopante de cette ville dépassant désormais les 18 000 habitants. KinderCity a connu un essor parallèle: le centre d’éducation à la science par le jeu est une success story alémanique dont le tourniquet affiche entre 200 000 et 250 000 visiteurs par an.

Si son nom ne vous dit rien, c’est normal: la renommée du lieu n’a pas vraiment franchi le Röstigraben. Pas encore, devrait-on dire, car le concept va débarquer à Yverdon-les-Bains (lire ci-contre) d’ici deux ans et promet de faire parler de lui.

KinderCity, c’est une cité des sciences pour les enfants. «Ici, ils n’ont pas l’impression d’être à l’école: ils jouent. Mais pendant qu’ils jouent, ils apprennent des choses. Et leurs parents aussi», décrit Jean Christophe Gostanian. Disposant de 6000 m2 dont un tiers sur le toit du bâtiment, le centre s’articule autour d’un atrium libre d’accès, au milieu duquel s’élève un grand arbre, décoré de peluches.

De là, les visiteurs ont accès à un cinéma, à un magasin de souvenirs, à un restaurant. Sur trois étages, plusieurs salles sont consacrées à diverses thématiques: le corps humain, les énergies, les nouvelles technologies… Chacun des modules – appelés exhibits – permet aux enfants de 7-12 ans de manipuler, de tester et d’apprendre comment toutes ces choses complexes fonctionnent.

L’expo consacrée aux énergies a été déménagée à Paris durant la COP21, la conférence climatique de l’ONU qui s’est déroulée en fin d’année passée. KinderCity y représentait la Suisse. «On essaie de développer nous-mêmes ces exhibits, chacun est en quelque sorte un prototype. Les idées viennent du cerveau de mon mari», explique Sandrine Gostanian qui dirige la structure avec lui.

Devant elle: une table qui permet – en faisant bouger l’astre solaire – de mesurer l’efficacité d’un panneau photovoltaïque selon son inclinaison, la météo, l’heure du jour et la saison.

Les modules sont nombreux: l’un permet de suivre le cycle de vie des fruits et légumes, un autre de visualiser dans un grand cylindre rempli d’eau l’effet d’une centrale micro-hydraulique, etc. Le tout doit être solidement construit pour résister aux assauts des milliers de marmots.

A l’étage du dessus, un espace pour les plus jeunes propose jeux d’eau, murs de grimpe et labyrinthes. Une partie du centre est aussi réservée à des ateliers où des équipes de pédagogues apprennent aux enfants à cuisiner ou comment fonctionne une voiture. «Dans cette partie-là, les parents n’ont pas le droit d’entrer», sourit le directeur dont l’accent chantant trahit les origines méridionales.

Grâce au sponsoring

Tout cela coûte évidemment des millions de francs. Et Jean Christophe Gostanian le dit avec fierté: «Nous ne sommes pas financés par l’Etat, comme le Technorama ou le Zoo de Zurich par exemple.»

En effet, le modèle économique de KinderCity repose sur le sponsoring et le mécénat. Les visiteurs peuvent écrire un SMS en sautant à pieds joints sur les touches d’un natel géant Samsung. Les gamins découvrent comment changer la roue d’une véritable Skoda, une marque qui apparaît à divers endroits de l’atelier. Et le singe mascotte du programme JaMaDu de la Coop n’est jamais bien loin.

«Nos partenaires restent toutefois discrets, juge Jean Christophe Gostanian. Nous ne voulons pas être un NiveaLand.»

La mécanique est bien huilée: une société anonyme gère l’endroit, les murs sont propriétés d’une fondation et c’est une association, Sciencity, dont n’est pas membre le couple de fondateurs, qui valide les projets proposés par la SA et qui en cherche le financement.

Au fil des ans, KinderCity a acquis une solide réputation et reçu la caution scientifique des hautes écoles et de l’EPFZ. Le regret des Gostanian: ne pas compter plus de classes d’école parmi ses hôtes: ils sont environ 5000 élèves par an à franchir les portes du centre ludo-éducatif accompagné de leur prof.

Promouvoir les filières techniques

Le couple Gostanian raconte avoir conçu KinderCity avec le cœur, «comme des parents construisent quelque chose pour leurs enfants». L’idée leur est venue après une visite à la Cité des sciences de Paris. Jean Christophe Gostanian, ingénieur en imprimerie expatrié et son épouse Sandrine, Saint-Galloise rencontrée à Lausanne du temps où elle travaillait au CHUV, se mettent en tête de créer une version pour enfants.

Trois années ont été nécessaires pour concrétiser leur projet, qui vaudra à Sandrine Gostanian d’être désignée «Entrepreneur de l’année 2004» par l’association IdéeSuisse.

Le KinderCity de Volketswil a déjà du vécu. Il est question désormais de le raser pour en reconstruire un flambant neuf sur une parcelle voisine. Avant cela, les Gostanian ont bien l’intention d’inaugurer leur première succursale, à Yverdon.

L’éveil précoce aux sciences doit servir à promouvoir auprès des jeunes les filières techniques, en manque d’aspirants, rappelle Jean Christophe Gostanian. Lequel a fait un pari devant les autorités yverdonnoises venues récemment visiter le centre. «Ouvrons un KinderCity et dans huit ans, Yverdon sera la ville qui comptera le plus d’apprentis dans des métiers techniques de toute la Suisse.»

Créé: 12.03.2016, 10h53

120 000 visiteurs attendus dès 2018 à Yverdon-les-Bains

Yverdon-les-Bains accueillera la première succursale de KinderCity. Celle-ci devrait ouvrir ses portes entre fin 2017 et début 2018 au cœur du Parc scientifique et technologique Y-Parc. Les plans seront bientôt finalisés et la mise à l’enquête devrait intervenir cet été. KinderCity occupera un tiers des 13?000?m 2 du futur bâtiment de services qui devrait mis à l’enquête publique cet été.
Le projet développé par le couple Gostanian comprend plusieurs volets: un espace pour les enfants, comme à Volketswil (ZH) mais aussi un étage entier qui s’adressera davantage aux adolescents et aux adultes, intitulé Sciencity, et, au rez-de-chaussée, trois salles de cinéma immersives. «Nous ne voulons pas concurrencer le multiplexe en projet au centre-ville, ce sera une offre complémentaire», avance Jean Christophe Gostanian. Les films projetés seront ainsi en lien avec la thématique scientifique du site. Mais, surtout, ces salles pourront être utilisées pour des événements organisés par les partenaires et sponsors de KinderCity. Un restaurant est aussi intégré dans cette aile du bâtiment.
Les Gostanian tablent sur une fréquentation de 120 000 visiteurs par an, ce qui ferait de KinderCity le site le plus attractif du Nord vaudois. Le bassin de population visé est toute la Suisse romande, et même jusqu’à Berne.

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