Comment se créer des jolis souvenirs?

FEMINAL'auteur du «livre du hygge» propose des trucs pour stimuler sa mémoire positivement. Des astuces validées par des spécialistes.

Pour se faire un joli souvenir qui nous restera bien en tête, on peut par exemple s'offrir une première fois, comme pour Meik Wiking, une balade en canoë sur un lac au Canada

Pour se faire un joli souvenir qui nous restera bien en tête, on peut par exemple s'offrir une première fois, comme pour Meik Wiking, une balade en canoë sur un lac au Canada Image: Unsplash

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Se souvenir des belles choses, c’est facile. Ou du moins pas trop difficile, si on en croit le Danois Meik Wiking. Le président de l’Institut de recherche sur le bonheur de Copenhague propose, avec L’art de se créer de beaux souvenirs (First Ed.), guide basé sur des études scientifiques, qui explique comment stimuler positivement sa mémoire épisodique, c’est-à-dire celle qui concerne nos expériences personnelles.

But de l’opération, s’entraîner à graver en soi des moments heureux afin de pouvoir les évoquer pour se faire du bien. De fait, souligne Sabrina Carlier, neuropsychologue au Centre Leenaards de la mémoire au CHUV, à Lausanne, lorsqu’on broie du noir, on peine à évoquer de bons souvenirs et il peut être intéressant de travailler là-dessus.

«Tous les soirs, on peut essayer de se remémorer les trois moments les plus chouettes de la journée, ce qui est une manière de se forcer à se focaliser sur le positif!»

Les ingrédients de base Selon Meik Wiking, huit ingrédients de base vous aideront à stimuler la mémoire épisodique et à stocker sur le long terme. Ces catégories, que Sabrina Carlier ou son collègue Christian Chicherio, neuropsychologue au Centre de la Mémoire des HUG, estiment «importantes» et «pertinentes», se déclinent comme suit:

1. Les premières fois

Quand on vit des expériences nouvelles et riches en émotions, elles nous marquent et se gravent plus facilement. «Ce peut être le premier baiser ou ses débuts dans un nouvel emploi», relève la neuropsychologue.

L’astuce: «Une fois par année, visitez un endroit où vous n’êtes jamais allé, que ce soit une contrée lointaine ou un parc à deux pas de chez vous», propose Meik Wiking.

2. L’attention

Comme le confirment Sabrina Carlier et Christian Chicherio, pour mémoriser n’importe quel événement, il faut être «dans l’instant», se concentrer… et non penser à autre chose. A ce propos, l’étude publiée en 2018 par Melina Uncapher, du Département de neurologie de l’Université de Californie, à San Francisco, est édifiante. Elle montre en effet que «les personnes en situation de multitâche obtiennent des scores médiocres en termes de mémorisation.»

L’astuce: Rien de tel que les nouvelles technologies pour détourner son attention. Du coup, Meik Wiking suggère de désactiver les notifications, de passer en mode silence (sans vibreur!), de baisser la luminosité ou de modifier les paramètres couleurs du smartphone, afin d’avoir l’œil moins attiré par l’écran.

3. Le sens

Si vous «vivez un moment qui s’inscrit logiquement dans un système de valeurs ou de croyances, correspond à des objectifs personnels ou vient renforcer un aspect de la personnalité», précise la spécialiste, il y a de fortes probabilités pour que votre mémoire ne vous lâche pas.

L’astuce: «Demandez-vous quel cap ou quel événement marquant vous avez envie de commémorer: tenir le pari de marcher 10 000 pas par jour pendant un mois, rénover votre cuisine, changer de travail… et notez la façon dont vous le fêterez» une fois votre défi gagné – qu’il s’agisse d’ouvrir une bonne bouteille ou d’une sortie resto, recommande Meik Wiking.

4. Les émotions

Vous avez senti votre cœur battre? La beauté d’un lieu vous a coupé le souffle? Grâce à ces émotions, vous n’oublierez pas!

L’astuce: «Sortez de votre zone de confort!» souffle Meik Wiking En clair, affrontez quelque chose qui vous fait un peu peur, comme vous baigner dans le lac en hiver ou prendre un cours de tango!

5. Les pics et les victoires

Le chemin qui conduit à une réussite est généralement intense. Donc plutôt inoubliable.

L’astuce: «Dans une ère d’impatience et de gratification immédiate, une façon de rendre les choses mémorables est de traîner en route. Une randonnée de 5 heures pour arriver au sommet d’une montagne est toujours plus marquante qu’un trajet de 15 minutes en funiculaire», précise Meik Wiking.

6. Raconter pour lutter contre l’oubli

Les anecdotes qu’on partage s’effacent moins que celles qu’on garde pour soi, approuve Christian Chicherio. Il nuance, toutefois: «Quand la même information est récupérée à plusieurs reprises, revue, rediscutée, elle finit par se modifier. On lui donne le sens qu’on juge important, on l’interprète, voire réinterprète.» Sabrina Carlier ajoute: «Une histoire trop souvent répétée finit par perdre ses caractéristiques épisodiques et donc potentiellement sa richesse émotionnelle. Et plus on raconte un épisode de notre vie, plus on risque de lui ajouter des données qui n’existent pas, d’inventer des détails et, à terme, d’en faire un souvenir déformé voire un faux souvenir!»

L’astuce: Ecrire objectivement et «quand c’est encore frais» ce qui nous est arrivé permet de moins enjoliver les événements quand on les raconte par la suite.

7. Externaliser les souvenirs

Tels les cailloux du Petit Poucet, photos ou objets permettent de retrouver le chemin de la mémoire. «Ils sont de bons indices de récupération, explique Sabrina Carlier. Parfois, quand on ne se souvient pas d’un épisode, il suffit d’en voir une image pour que plein de sensations et d’émotions reviennent!» L’astuce: «Créez-vous un compte informatique privé, sur lequel vous devenez le commissaire de votre expo perso», recommande Meik Wiking. De même, collectionnez les babioles qui racontent votre histoire à un moment T, comme un galet ou un coquillage trouvés sur une plage sublime.

8. Utiliser tous ses sens

Tout le monde le sait intuitivement et la recherche l’a démontré: un souvenir se compose de ce qu’on a vu, mais aussi de ce qu’on a senti, entendu, touché, goûté…

L’astuce: «La prochaine fois que vous êtes vraiment heureux et que vous voulez garder ce moment, mettez-vous à l’écoute de tous vos sens, note l’auteur danois: y’a-t-il quelque chose d’unique dans les odeurs, les sons, les textures, les goûts, etc.? Intégrezles!»

Et maintenant, à vous de jouer!

Retrouvez d'autres types de contenus sur femina.ch.

Créé: 11.11.2019, 10h03

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.