Elles crochètent des pieuvres pour les prématurés du CHUV

SantéTrois Vaudoises ont motivé une communauté à crocheter des doudous qui calment les bébés prématurés.

Vidéo: Anetka Mühlemann

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Une simple vidéo découverte en ligne a bouleversé le quotidien d’Émilie Ruch et de ses deux amies. À l’écran, un reportage racontait l’initiative citoyenne des petites pieuvres: en 2013, une femme danoise en a crocheté un modèle qui a été déposé dans la couveuse d’un bébé prématuré. Les effets ne se pas sont pas fait attendre: rassuré par sa présence, le petit tirait moins sur ses tuyaux, son rythme cardiaque et sa respiration sont devenus plus réguliers et la quantité d’oxygène dans son sang a augmenté.

Testées à plus grande échelle et validées par le corps médical, ces pieuvres, réalisées à la main, ont essaimé dans plusieurs hôpitaux suédois, hollandais, français… et suisses depuis qu’Émilie Ruch et ses amies, touchées par cet engagement solidaire, ont décidé de soumettre le projet au CHUV en 2016. Une action entièrement bénévole où chaque crocheteuse achète elle-même son matériel et sa laine.

Les trois résidentes de Froideville, chacune maman, ont commencé à crocheter ensemble tous les jeudis. «Le bouche-à-oreille a très bien fonctionné et nous avons vite recruté un groupe de crocheteuses très actives, explique Émilie Ruch, cofondatrice de l’association Petites Pieuvres Fils de Douceur. J’aime aider les gens et ce projet me motive particulièrement.» En 2017, 367 pieuvres ont rejoint les couveuses des prématurés du CHUV, suivies l’année suivante d’un lot de 585 pièces.

«Nos salons étaient trop petits pour toutes les recevoir, alors la commune nous a mis une salle à disposition»

Le succès est tel qu’en début d’année, le service de néonatalogie de l’établissement vaudois s’est retrouvé en rupture de stock. Via la page Facebook de l’association, un appel aux crocheteuses a été lancé et «en deux semaines, nous sommes passés de 800 membres à plus de 3000.» Face à l’afflux de demandes – certaines venant même d’expatriées suisses en Chine et en Allemagne –, les Vaudoises ont mis sur pied des «Café pieuvre» afin d’initier les nouvelles recrues. «Nos salons étaient trop petits pour toutes les recevoir, alors la commune nous a mis une salle à disposition.»

En ce vendredi matin de fin janvier, une vingtaine de femmes de tout âge se concentrent devant leur ébauche de pieuvre afin de comprendre les nombreuses subtilités de ce crochet particulier. Tous les modèles ne sont pas validés du premier coup par Sandra Burger, l’une des ambassadrices de l’association dont la mission est de s’assurer que chaque modèle respecte les consignes de sécurité imposées par les hôpitaux. «Les mailles doivent être très serrées afin que le bébé ne puisse pas se blesser en y glissant un doigt», détaille-t-elle. La taille est fixe comme le type de coton autorisé. Sandra Burger réceptionne toutes les pieuvres conformes, les passe en machine deux fois avant qu’elles soient acheminées au CHUV.

«Ces pieuvres deviennent des doudous que les enfants conservent. Nous recevons beaucoup de messages de remerciements des parents.» Sur la page Facebook de l’association, le réseau se donne chaque jour de multiples petits tuyaux pour réussir sa mission. Mais rien ne vaut une réunion collective pour apprendre en groupe, répètent volontiers les femmes présentes ce jour-là. «L’important est de ne pas se décourager si ses premiers modèles ne sont pas validés», insiste Émilie Ruch. Les plus confirmées assistent les débutantes dans une ambiance décontractée et conviviale.

Comme de la méditation

«En crochetant, on aide des bébés en se faisant plaisir. C’est notre maigre contribution pour une belle cause», observe Sandra Burger. Une dame est venue spécialement de Gruyère pour cet atelier. Certaines manient un crochet pour la première fois mais toutes disent se sentir utiles à leur manière. «Le crochet me détend, comme lorsque je fais de la méditation. Je peux le prendre partout avec moi», explique Aurore Nicod Frésard, l’une des participantes.

D’autres «Cafés pieuvre» ont fleuri en Suisse romande pour répondre à la demande des hôpitaux. Et les crocheteuses ne risquent pas d’être au chômage technique puisque le CHUV a besoin de 900 modèles par année et l’Hôpital de Sion entre 100 et 150. (24 heures)

Créé: 10.02.2019, 08h33

Quelques initiatives en laine pour la bonne cause

Tricoter pour la bonne cause inspire toutes sortes de créations originales



À l’image de l’initiative américaine Knitted Knockers qui invite les volontaires à fabriquer des seins en laine destinés aux femmes ayant subi une mammectomie et qui ne supportent pas une prothèse en silicone. Le projet a séduit l’art thérapeute Véronique Mooser qui va le proposer à son groupe de tricoteuses. «Chaque année, on choisit une cause différente. Là, nous tricoterons des roberts. L’occasion de passer une bonne soirée et de faire du bien autour de nous. Tricoter aide à remettre la pensée en mouvement, comme la marche. Ce genre de projet apporte le sentiment de faire partie de l’humanité, d’aider par un simple geste.» Les dates de ces soirées, ouvertes à tous, seront prochainement publiées sur son site www.vmaoo.ch

Depuis trois ans, Lydia Grunberg, 23 ans, et son compagnon, ont lancé Vevey Tricot, qui réunit dans divers cafés de la ville, des amoureux de la maille, tous âges et niveaux confondus. «L’idée est de se rassembler et de partager ses connaissances. Certains viennent pour fabriquer un cadeau ou simplement pour le plaisir de réaliser une écharpe», explique la fondatrice. Depuis deux ans, l’association vend les surplus de sa production tricotée au profit d’une association à but non-lucratif. Plus d’infos sur lapage Facebook Café tricot.

L’organisme Pro Senectute, utilise, lui, les aiguilles des bénévoles pour mettre en lumière certains enjeux de société. Lancée en septembre dernier, leur action «Tricotons contre l’oubli» avait pour but de sensibiliser la population au problème de la démence, en partenariat avec Alzheimer Suisse. Les volontaires étaient invités à tricoter des porte-gobelets en laine distribués dans des boulangeries partenaires. Quelque 61 000 exemplaires ont vu le jour. Les années précédentes, la campagne «Tricothon» – des petits bonnets en laine sur des bouteilles de smoothies – avait permis de réunir des fonds pour des personnes âgées en détresse financière. www.prosenectute.ch


Toujours dans l’idée d’apporter sa pierre à l’édifice, la bellerine Pascale Deppierraz a développé son projet chaussettes: un périple à pieds de plus de 700 kilomètres à travers la Suisse dans le but de récolter des chaussettes neuves ou tricotées et de la laine afin de confectionner des couvertures pour les sans-abri. Elle raconte son aventure sur son site www.vadrouilles.ch

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