Quand le deuil se partage entre hommes

TendanceL'Association Vivre son deuil, fondée par Rosette Poletti, propose à la gent masculine des moments d'échanges autour de la perte d'un être cher.

Illustration - «L’image qu’un homme ne pleure pas, qu’il doit être fort, est encore très répandue.»

Illustration - «L’image qu’un homme ne pleure pas, qu’il doit être fort, est encore très répandue.» Image: Keystone

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«Dans les groupes mixtes, les femmes ont tendance à prendre plus facilement la parole que les hommes», observe Rosette Poletti, fondatrice de l’Association Vivre son deuil et aujourd’hui présidente d’honneur. Depuis plus de dix ans, cette structure soutient les personnes après la perte d’un proche à travers une ligne d’écou­te et des cafés deuil.

Forte de ce constat, la vice-présidente de l’association, Nicole Bartholdi, a décidé de mettre sur pied des moments d’échange exclusivement réservés aux hommes dans plusieurs villes de Suisse romande.

«Dans nos cafés deuil, on observe la présence d’une nette majorité de femmes, explique-t-elle. L’image qu’un homme ne pleure pas, qu’il doit être fort, est encore très répandue. Ils vivent souvent le décès d’un proche de manière différente et ne vont pas toujours l’exprimer facilement.» Ces moments de partage, ouverts à tous et anonymes, proposent d’écouter ou d’évoquer des expériences personnelles face à la mort. Ils sont apolitiques et laïcs. «Chacun est libre de s’exprimer ou non, mais on remarque que les témoignages des autres résonnent souvent avec sa propre histoire.»

Un lieu d’écoute exclusivement masculin existe déjà aux Etats-Unis. «Là-bas, ils organisent des activités avec les personnes endeuillées, comme des treks ou encore la construction d’une croix en bois avant la pause d’une pierre tombale, explique Rosette Poletti. Faire quelque chose les aide à mettre des mots sur leur peine. Etre entre hommes crée aussi une solidarité bénéfique.»

Les cafés deuil suisses se concentrent pour l’heure sur la parole. Ils seront animés par le président de l’association, Marc Bigliardi-Sidler, assisté de Nicole Bartholdi.

Cette infirmière de formation organise ces moments de parole depuis cinq ans après une formation à l’Institut de recherche et de formation à l’accompagnement des personnes en fin de vie et des personnes en deuil. Elle a également travaillé au CICR et dans les prisons, où la discussion autour de la mort est longtemps restée taboue. 

(24 heures)

Créé: 23.03.2015, 14h38

Infos pratiques

Neuchâtel, Brasserie le Jura
Je 16 avril, 19 h 30

Lausanne, Restaurant Le Milan

Ma 19 mai, 19 h 30,
www.vivresondeuil-suisse.ch

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