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«Fousiquer» dans le Tarn

Un peu à l’écart des grands circuits, la terre des plaisirs authentiques a son mot à dire... en occitan

De Cordes-sur-Ciel à Albi (photo) ou aux vignobles du Gaillac, les paysages tarnais – pays de l’ail rose – offrent de nombreux contrastes. Tout autant qu’ils invitent à prendre le temps de découvrir et de flâner.
De Cordes-sur-Ciel à Albi (photo) ou aux vignobles du Gaillac, les paysages tarnais – pays de l’ail rose – offrent de nombreux contrastes. Tout autant qu’ils invitent à prendre le temps de découvrir et de flâner.
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Le cassoulet mijote, même avec de la morue et… non, ce n’est pas incongru! C’est le Tarn, la région de tous les possibles. Là où la Sixtine de Michel-Ange tient une rivale avec la cathédrale d’Albi, déployant la plus grande surface peinte à fresque d’Europe. Là où les Champs-Elysées vont chercher de quoi se paver de granit. La terre de Toulouse-Lautrec, l’homme aux mille souffrances mais peintre sans tabou, la seule à ne pas avoir décapité Louis XVI version statue, LA région où les histoires ne manquent pas d’ail – mais rose, bien sûr – et où même la langue se savoure comme une source de bonheur.

A Albi la rouge et son marché couvert, riche de saveurs à déguster sur place ou ailleurs, on «fousique» (fureter), on «escargote» (lézarder), on peut «gansouiller» (barboter) et toutes les rencontres – naturelles, humaines, gastronomiques – sont bonnes à «s’espanter» (s’étonner)… à condition de savoir prendre son temps, d’avoir son moyen de transport et de se rappeler l’existence de ce département sachant se tenir à l’écart des foules.

Prenez la France pour cible: le «81» déploie ses terres et ses collines un peu au milieu, plutôt vers le bas, à quelque 680 kilomètres de Lausanne. La Méditerranée n’est pas loin, l’océan un peu plus, mais le Tarn se suffit à lui-même avec une belle variété de paysages et tout autant d’histoires à raconter et à se raconter.

Et ce n’est pas le chat plus blanc que blanc croisé à la sortie de Cordes-sur-Ciel qui va dire le contraire! Superstition oblige, ses compagnons au pelage noir sont priés de ne pas pointer leur moustache dans cette bastide de pierre au risque de se retrouver – enfin, la menace date du Moyen Age – emmurés avec des pages de la Bible. Les Cordais ont su conserver à ce village – devenu capitale de la broderie grâce à une famille huguenote, partie à Saint-Gall le temps que l’orage religieux se calme et revenue avec son savoir – tout son esprit. Cuir, bois, fer, verre… Les artisans tiennent boutique le long des ruelles alors que les pierres des façades, parfois sculptées, conservent précieusement la mémoire d’un site qui ne s’est laissé dicter aucune loi.

Il suffit d’aller voir du côté de l’église: loin du sol et inatteignable sans une échelle, la porte principale n’en a que le nom. «C’est que, explique Christian Rivière, ambassadeur passionné du Tarn, les habitants se sont bien exécutés lorsque l’évêque a demandé d’ériger une église. Sauf qu’ils ont mis trois cents ans, réussissant à prétexter un manque de pierres dans un pays de carrières et que, pour la porte, comme on ne leur avait pas demandé qu’elle soit accessible…» Il faut savoir aussi que Cordes-sur-Ciel, bâtie sur du grès, reposerait sur un dragon soufflant cette brume qui, certains jours, lui donne l’impression d’être en apesanteur, intemporelle.

Dans ce coin de pays où les maisons dépassent rarement les deux étages, où la terre couleur blé ou vignes est avant tout nourricière, où même les collines se parlent d’égale à égale, tout plaide pour la simplicité et la tradition.

Et si, au nord, Cordes-sur-Ciel brodait, plus au sud vers Castres, les tanneurs, teinturiers et autres liciers des siècles passés ont laissé un art de faire et des héritiers. «Jusque dans les années 1950-1960, rappelle Christian Rivière, il était inimaginable pour une fille de famille française de ne pas avoir des draps de Castres dans sa dot. Aujourd’hui, c’est la haute couture qui ne manque pas de faire appel à cette expertise.» Elle se vérifie aussi dans les rues étroites de Sorèze, en passant la devanture d’un tapissier sur meuble ou devant les merveilles du moine bénédictin Dom Robert, exposées dans une élégante scénographie muséale. Ou la preuve par l’exemple de cet autre don du Tarn: savoir se faire aimer.

www.tourisme-tarn.com

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