Les jeunes vont aimer Yo-Kai Watch, le Pokémon killer

Capture d'écransDe nouvelles nipponneries s’apprêtent à remplacer les Pokémons. Décryptage.

Les personnages principaux de Yo Kai Watch sont extrêmement populaires au Japon. En sera-t-il autant chez nous?

Les personnages principaux de Yo Kai Watch sont extrêmement populaires au Japon. En sera-t-il autant chez nous? Image: NINTENDO

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Depuis plusieurs semaines, les oracles sont formels: parents de Suisse, de France et de Navarre, préparez-vous à la déferlante Yo-Kai Watch… Ces drôles de petites bestioles nippones s’apprêtent à bondir d’écran en écran, squattant simultanément télévision, console de jeux portables et smartphones – sans oublier un arrêt lucratif du côté des rayons produits dérivés des magasins. Objectif: chasser Pikachu du temps de cerveau disponible des moins de 12 ans et devenir les nouvelles coqueluches des cours de récréation. Pour ensuite envahir le monde, hin hin hin.

La mythologie aussi semble façonnée pour envoûter les âmes juvéniles. On nous conte l’histoire du jeune Nathan qui découvre par hasard un drôle de minifantôme. Il s’agit d’un «Yo-Kai» en japonais, un esprit invisible pour le commun des mortels sauf pour ceux qui possèdent une montre spéciale, la fameuse Yo-Kai Watch. Nathan apprend que des tas de ces malicieux petits monstres existent dans notre monde et qu’ils sont la cause de nos tracas quotidiens. Une dispute? C’est la faute d’un Yo-Kai. Une déprime passagère? Encore un Yo-Kai. En les neutralisant, notre héros découvre qu’il a la possibilité de soulager les gens. Mieux: certains Yo-Kai décident de l’accompagner dans sa quête pour l’aider. Le cœur sur la main, Nathan part alors à la recherche des quelque 200 créatures présentes dans le jeu. C’est dégoulinant de bons sentiments, la jeunesse succombe avec ravissement. Voilà pour le complot, ourdi de main de maître par le studio Level-5 et Nintendo.

Omniprésence du Japon

A Lausanne, le magasin Mix-Image, spécialisé dans l’univers manga et les jeux vidéo, se tient prêt au tsunami annoncé. Dix mètres de mur sont d’ores et déjà dédiés à la cause, propulsant du même coup l’échoppe vaudoise au rang de plus gros corner Yo-Kai d’Europe. «Je suis persuadé que ça va être un énorme succès en Europe, on sent déjà les frémissements, pronostique Ryan Ghazraoui, directeur des lieux. Contrairement aux Etats-Unis où le lancement Yo-Kai n’a pas très bien fonctionné en décembre, l’Europe est prête, car elle possède une réelle culture Manga.»

Rien ne semble donc pouvoir arrêter les bébêtes japonaises, qui pour s’assurer le succès, reprennent en substance les mêmes recettes que les Pokémon: des petites frimousses trop kawaï à chasser et à collectionner, des combats qui se situent à moins 5 sur l’échelle Nabilla de la violence, des jeunes héros auxquels il est facile de s’identifier, le tout empaqueté dans une stratégie marketing cross-média visant à les rendre incontournables pour le jeune public. Bref, de la bestiole carénée pour le succès sauce Pikachu.

Mais là s’arrêtent les comparaisons avec la souris jaune qui a fêté ses 20 ans en février. «Pokémon est un jeu basé sur le rapport à la nature, Yo Kai Watch acclimate positivement les enfants à l’usage et à la consommation des technologies dans leur vie future, estime explique David Javet, chercheur FNS à l’Université de Lausanne, spécialiste de l’imaginaire technologique dans le cinéma et les jeux vidéo. Autre différence notable: Pokémon possède très peu d’odeur culturelle, de points d’accroche qui rappellent la vie quotidienne au Japon. A l’inverse, Yo-Kai Watch en regorge. L’architecture des maisons, la nourriture, même la thématique Yo-Kai, très animiste, tout est typiquement japonais. C’est ce qui me pousse à penser que le jeu n’a pas été conçu par Level-5 pour conquérir le monde, mais que face au succès, Nintendo a décidé d’exporter la franchise.»

Plus de vingt ans après les débuts du phénomène Pokémon, Nintendo s’apprête donc à déclencher un nouveau raz-de-marée en exportant un phénomène local. Il faut dire que les chiffres donnent le tournis (lire ci-contre). Depuis trois ans au Japon, Yo-Kai Watch est omniprésent: série animée, jouets, manga, application mobile, peluches, vêtements, bonbons… Il est possible de marcher, de manger, de respirer, de dormir, de jouer et de s’habiller entièrement Yo-Kai Watch. Chaque consommateur des produits dérivés devient un panneau publicitaire pour la franchise, ce qui rallie encore plus de fidèles à la bannière du chat Jibanyan et de ses copains. Feront-ils aussi des émules en Suisse? Réponse à partir d’aujourd’hui.

Yo Kai Watch. La série animée sera diffusée sur la chaîne Gulli à partir du 29 août et sur Cartoon Network en 2017. Le jeu vidéo est sorti le 29 avril sur Nintendo 3DS.

Créé: 29.04.2016, 19h49

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Un phénomène au Japon

En 2013, à sa sortie, le jeu Yo Kai Watch s’est vendu à 280?000 exemplaires. En janvier 2014, l’arrivée du dessin animé accélère le phénomène: quatre mois après sa diffusion, Nintendo atteint le million de copies vendues. Depuis, la série animée compte trois saisons, plus un long-métrage. Les produits dérivés ont rapporté plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires et plus de 10 millions d’unités des jeux se sont écoulées. C.D.

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