Ungersheim avance un pas après l’autre vers l’autonomie

Développement durableLe village alsacien est devenu avec des recettes toute simple un exemple du concept de transition

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Apriori, rien ne différencie Ungersheim des autres villages alsaciens installés dans la plaine du Rhin, à une quarantaine de kilomètres au nord de Bâle. Pourtant, depuis quelques mois, des cars y déposent chaque semaine des touristes un peu particuliers, «… qui sont en général déçus en arrivant chez nous», rigole le maire, Jean-Claude Mensch. Le village ne cherche en effet pas à être idyllique. «Nous espérons juste que tous nos habitants aient le sourire», explique ce maire dont le visage est précisément agrémenté d’un sourire large et permanent.

Ungersheim vivait pourtant dans le quasi-anonymat jusqu’à la sortie du documentaire Qu’est-ce qu’on attend?, en novembre 2016. La réalisatrice Marie-Monique Robin y raconte en deux heures comment ce village de 2400 habitants est devenu «la championne internationale des villes en transition» (voir ci-contre). «La première chose à faire est de reprendre son autonomie intellectuelle», explique le véritable moteur de la démarche, aux commandes de la commune depuis… vingt-huit ans. «Car une société se construit sur les liens entre les gens et non sur les possessions».

En cherchant comment répondre à ses besoins – et non ses envies – on arrive vite à la nécessité d’être indépendant sur les plans énergétique et alimentaire. Pour tendre vers cette autonomie, Ungersheim applique une double recette: «faire» et multiplier les projets. «En lançant des actions tous azimuts, on augmente le nombre de personnes concernées», explique Jean-Claude Mensch. On diminue aussi nettement l’impact émotionnel et les risques de découragement lors des quelques futurs et inévitables échecs.

Structure globale et cohérente

Concrètement, sur le terrain, Ungersheim a donc, entre autres, posé des panneaux solaires partout où c’était possible, installé une chaudière à bois pour chauffer les bâtiments communaux, planté 1350 arbres et des haies, repris la gestion de son réseau d’alimentation d’eau potable, créé sa monnaie locale, construit un écohameau, créé une association pour soutenir financièrement le développement des énergies vertes ou encore ouvert une épicerie coopérative. «Nous n’avons rien inventé, mais nous apportons une structure globale et une cohérence à toutes sortes d’initiatives existant ailleurs de manière séparée.» Et de nouveaux projets s’imaginent chaque jour. «Nous réfléchissons et travaillons sur le mode de la démocratie participative. Certaines idées se concrétisent, d’autres pas.»

La filière De la graine à l’assiette est le meilleur exemple de réussite. La Commune a acheté huit hectares de terres cultivables. En échange de l’engagement de personnes en réinsertion professionnelle, elle les a mis à disposition du maraîcher du village. Son personnel y cultive désormais des légumes bio, qui sont consommés à la cantine scolaire. L’occasion, au passage, d’engager des cuisiniers, mais aussi d’ouvrir la discussion avec les enfants et de les sensibiliser.

Quant au surplus de production, il est vendu aux villageois sous forme de paniers de légumes ou transformé dans une petite conserverie construite pour l’occasion. Au fil du temps, les bénévoles du démarrage des projets deviennent ainsi parfois des employés, ce qui assure la pérennité des structures. «Si quelqu’un veut un jour remettre en cause un projet, il se heurtera aux parents, aux associations et aux sociétés coopératives», explique M. le maire toujours aussi souriant.

Pas de hausse d’impôt

Tout le monde à Ungersheim ne partage évidemment pas l’enthousiasme sans borne de Jean-Claude Mensch et de la cinquantaine de ses concitoyens formant le noyau dur des démarches. Mais le maire estime à un tiers le nombre de villageois impliqués de près ou de loin dans l’un ou l’autre des projets. Les réélections systématiques du maire et de son équipe municipale laissent aussi penser que leur action est appréciée. Elle s’appuie en tout cas sur des arguments solides: depuis 2011, Ungersheim a créé une centaine d’emplois. Et le taux d’imposition communal n’a pas changé depuis douze ans.

Lors d’une visite du village immortalisée dans le documentaire Qu’est-ce qu’on attend?, le fondateur du mouvement, Rob Hopkins, résume la situation: «Au départ, on présentait la transition comme une réponse au changement climatique. Maintenant, on la présente comme quelque chose de fantastique, qui change nos vies!» (24 heures)

Créé: 10.06.2017, 16h18

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