«L’uniforme le plus connu du monde»

La Suisse et le VaticanLe célèbre uniforme des gardes suisses revêt une longue histoire vieille de plus de cinq siècles. Reportage auprès du tailleur du Vatican.

Image: Jean-Paul Guinnard

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Dans l’atelier d’Ety Cicioni, le tailleur officiel du Vatican, plane l’odeur des tissus frais alors qu’entre les téléphones et le bruit de la machine à coudre, la vieille radio diffuse du ABBA couvrant à peine les bruits de la rue voisine. S’il a commencé à travailler ici en 1997, en jouant au foot avec les jeunes gardes, ce couturier des Abruzzes fait aujourd’hui partie de la légende de l’uniforme des Suisses. Tous passent chez lui faire les essais, les retouches, et surtout faire réparer des bandes de tissus qui se prennent sans cesse dans les poignées de portes.


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«Cet uniforme est très particulier, sans doute le plus connu du monde. On fait des études sur lui», sourit-il, appuyé sur des piles d’étoffe destinée aux uniformes bleus du quotidien ou aux soutanes des cardinaux. L’uniforme, dit de gala, a toute une histoire. Il a été dessiné par le commandant fribourgeois Jules Repond (1910-1921), qui met fin à des siècles de tenues inspirées tour à tour par de puissantes dominantes: casque à la prussienne, bicorne à cocarde à la française, et on en passe. On s’inspire alors des fresques de la Renaissance représentant des gardes, notamment de celles de Raphaël, pour retrouver un uniforme de gardes de cour reprenant les couleurs des familles qu’ils servaient. Dans le cas des gardes, le bleu et le jaune des Rovere sous Jules II, auquel s’ajoute le rouge des Médicis sous Léon X.

Un travail d’orfèvre. 154 pièces de laine par uniforme (il y en a deux, celui d’été et d’hiver en laines différentes) et près de 40 heures de travail. «La forme des bandes et la forme bouffante des épaules servent à donner une importance et une personnalité aux gardes», reprend Ety Cicioni, qui s’est contenté d’adapter les méthodes de conception et la résistance des fils, sans toucher aux détails historiques.


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Bénis par le Saint-Père, régis par un protocole très précis, les uniformes sont une source de fierté pour les hommes. Si elles ne sont pas emportées (après plus de 5 années de service), les tenues sont détruites à la main, le plus souvent par les jeunes gardes lorsqu’ils sont punis.

Créé: 04.05.2019, 08h06

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En détail

La hallebarde comprend plusieurs améliorations pour faciliter son utilisation protocolaire: des petites marques en métal ajustées aux positions des mains, et un petit anneau métallique sous la lame destiné à marquer les mouvements.
Elle remonte à celle des mercenaires suisses du XVIe siècle. Un symbole de la défense au corps à corps à laquelle s’engagent les gardes.

Le béret est le fruit d’une longue histoire. Il a été introduit en 1914, remplaçant une grande variété de couvre-chefs.
À noter qu’il se porte du côté droit, et non à gauche comme à l’armée suisse.

Le col, fait par des bonnes sœurs, était autrefois relié à une chemise. L’histoire veut qu’un garde ait un jour découpé le reste aux ciseaux pour avoir moins chaud.

Les guêtres, ou couvre-chaussures, sont les pièces les plus complexes à coudre, faites sur mesure pour chaque cheville.

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