Les vedettes des zoos d’ici

Le panda attire la foule à Beauval (F), mais en Romandie, des animaux assurent aussi le spectacle.

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Bien sûr, on peut se dire qu’aller jusqu’à Beauval, en France, pour apercevoir sur un écran le panda né il y a quelques jours sous la haute protection du gouvernement chinois, ce serait chouette. Mais on peut aussi se lancer dans un modeste et épatant safari régional sur la piste des stars des zoos d’ici, lesquels font mille efforts toute l’année pour élever et préserver des animaux magnifiques qui se montrent généreux en apparitions pour le visiteur.

Aux Marécottes, quand Thierry Piasenta, propriétaire du zoo avec son frère Florian et leur père Marc-Angel, parle de Mirus, il n’en finit pas de sourire. Mirus – bonne surprise en latin – est l’ourson noir qui est arrivé sans être attendu en janvier dernier. «Il a poussé ses premiers cris en mars, et c’est à ce moment-là que nous l’avons repéré au fond de la grotte qui a servi de salle d’accouchement!» Une boule de poils d’un kilo même pas, des yeux tout bleus, et la promesse d’une vie joyeuse au rythme des saisons valaisannes. Mirus a actuellement sept mois, il sera sevré à la fin de l’été et passera alors au régime poissons, fruits et légumes. Chaque jour, il assure le spectacle sur le dos de sa mère, ou dans les hauts arbres qui s’élèvent dans l’enclos.

Il ne le sait pas, mais il est forcément un bon produit d’appel, si on peut dire. Le bébé, le petit, le nouveau-né, tous ces doudous vivants sont à eux seuls une raison de visite pour le public. Dans un avenir assez proche, Mirus, son grand frère Bouba et leur mère Mona seront visibles directement des chambres de l’hôtel qui devrait être érigé au-dessus de l’enclos. Les Piasenta sont de la région, ils ont des idées, des envies: «Personnellement, j’aime cette région où j’ai passé mon enfance dans la nature, et j’ai toujours désiré avoir mon entreprise, pour récolter directement ce que je sème. Donc il faut semer bien! L’hôtel que nous projetons de construire sera formé de six chalets collés les uns aux autres, au plus près des animaux. L’été et l’hiver, les visiteurs devraient se régaler à la vue des bêtes et du paysage.»

Sur son arbre perché

Mirus, pour le moment, est à mi-hauteur d’un grand sapin, il joue dans les branches et sous la pluie. Les lynx, eux, autres prestigieux pensionnaires du zoo, devraient faire des petits l’année prochaine, mais pas avant, car leurs accouplements de ce printemps sont restés stériles. Ils sont ici les acteurs importants du zoo, au même titre que le chevreuil, les marmottes, les bouquetins, les chamois et toute la clique des bêtes d’ici ou d’un ailleurs proche dont on se demande, quand on les regarde droit dans les yeux, à quoi ils pensent.

Tiens, justement, à Servion, à quoi pensent les panthères des neiges, stars du lieu avec les tigres? Ce regard, cette attitude, c’est fascinant. Altaï et Mila ont huit ans. C’est un couple qui marche et a déjà donné naissance à un petit, parti aux Etats-Unis. On est loin, si loin de cette époque où les trois frères Bulliard, dans les années 70, créèrent le zoo et durent garder pendant quelques jours, dans leur garage, les deux lions arrivés un peu tôt, avant que l’enclos ne soit terminé! Roland Bulliard, actuel directeur à Servion, jette un coup d’œil du côté des tigres. «Nous avons le projet de leur donner beaucoup plus d’espace. C’est drôle, le tigre était sur les affiches, c’était notre emblème alors qu’il n’y en avait pas à Servion!»

Les tigres dorment près de vingt heures chaque jour; leur nourrissage, très prisé des visiteurs, est programmé à 15 heures. Ils sont les stars avec les panthères. Mais quand on va à Servion pour ces animaux majestueux, on peut aussi assister, avec un peu de chance et surtout de patience, les yeux bien ouverts, à des scènes simples mais épatantes. Le petit peuple a aussi sa vie. L’oie qui suit la poule et ses poussins, les protège, les dorlote, oubliant complètement ses congénères. Ou le chat venu d’on ne sait où, qui a adopté le zoo et s’est lié d’affection avec un bison, lequel adore lui lécher le museau. Derrière le grandiose se cache le minuscule, et tout cela fait aussi partie, même si on n’en parle pas sur toute la planète, du spectacle spontané du zoo. Les vedettes ne sont pas toujours celles qu’on croit! Roland Bulliard évoque le bébé grand panda né en France: «Ici, ce serait hors de question, c’est hors norme à tous points de vue. Par contre, le petit panda, beaucoup plus facile à assumer, notamment au niveau de la nourriture? Pourquoi pas, un jour… Nous allons agrandir le zoo, qui s’étirera en partie dans la forêt. Et nous voulons être toujours plus pédagogues, transmettre au public ce qu’il aime connaître et apprendre.» Les livrets ludiques et pédagogiques proposés aux enfants (5 fr.) de 3 à 8 ans emmènent les gosses avec le tigre Tinka à la découverte de la vie et des pensionnaires du zoo. Passionnant.

A Juraparc, le parc animalier du Mont-d’Orzeires, les bisons, chouchous des visiteurs, ont fait cinq petits – des bisonneaux – au printemps. Un sixième ne devrait pas tarder. Chez les cerfs et l’alpaga, par contre, les naissances prévues fin juin, début juillet se font attendre. Chez les cinq ours – dont Zoé la belle au pelage tout clair, qui a trois ans –, pas d’heureux événement en vue. De toute manière, le parc doit tenir compte de sa taille, gérer sa population et l’avenir des éventuels nouveau-nés. Chez les loups, le mâle alpha est mort au bel âge de quinze ans, et il ne reste «que» ses enfants, un mâle et une femelle, plus une louve venue d’un parc bernois. Ici aussi, l’imprévu, le spontané, survient aussi: il arrive que les chamois de l’extérieur se glissent dans le parc et viennent brouter en compagnie des bisons. Au printemps, un vautour fauve s’est installé dans le parc, y est resté trois semaines, passant d’enclos en enclos, en s’intéressant aux carcasses données aux loups et aux lynx. Puis cette vedette éphémère est repartie comme elle était venue, choisissant quand même la liberté, même si la pension était agréable!

À Le Vaud, au Zoo La Garenne, les jeunes marmottes venues des Marécottes sont visibles… avec de la patience; plus faciles à contempler, les deux petits lynx nés récemment sont sur scène, comme les trois bébés bouquetins. Des animaux d’ici, qui livrent leur poésie directe, et constituent la meilleure des publicités pour les zoos. (24 heures)

Créé: 13.08.2017, 18h48

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