Denver, Far West moderne

EvasionMoins connue que New York ou Las Vegas, Denver devient une destination très tendance.

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Dressé sur ses pattes arrière, un ours bleu géant guigne à travers les vitres du Centre de Congrès de Denver. Une œuvre insolite, drôle et imposante, qui symbolise à elle seule l’esprit qui règne dans la capitale de l’État du Colorado depuis une quinzaine d’années. Celle d’une ville à la fois porte d’entrée vers la vie sauvage des parcs, vers les espaces naturels des montagnes Rocheuses, et laboratoire vivant des arts, de l’architecture et du bien vivre ensemble. Ici, dans cette agglomération de 3 millions d’habitants située aux confins des grandes plaines du Midwest, on est loin de l’Amérique de Trump. Si les banlieues rurales sont plutôt conservatrices, la ville est franchement libérale. Le cannabis y est en vente libre, ses coffee shops se disputant les faveurs des consommateurs avec les nombreuses brasseries de bières artisanales qui ont essaimé dans la région ces trente dernières années.

Vestiges du Far West

C’est une ville nouvelle, puisqu’elle est née il y a seulement 160 ans, au gré d’une ruée vers l’or qui a vu débarquer aux confins des grandes plaines près de 100 000 hommes avides de faire fortune. «Mais c’est l’arrivée du train qui a vraiment construit la ville», explique Rich Grant, auteur du livre «100 choses à faire et à voir à Denver avant de mourir». Il nous guide à travers l’ancienne gare majestueuse, dont les guichets ne vendent plus des tickets, mais des gallons de bière, son hall ayant été transformé en lieu de détente et de commerces. De l’époque des mineurs et des saloons, le pâté de maisons de Larimer Square est le dernier témoin. Il comprend la plus vieille rue de la cité, là où s’arrêtait la diligence et où se trouvaient les comptoirs pour la vente d’or. Dans ces maisons de brique de style victorien, on trouve aujourd’hui les meilleurs restaurants, bars et boîtes de nuit de la ville. Sans compter d’innombrables boutiques et de faux bars clandestins, comme le Green Russel, qui sert comme l’époque de la Prohibition, ses savants cocktails dans une sombre cave accessible par un escalier des plus discrets.

Que reste-t-il aujourd’hui de cette époque du Far West? Peu de traces visibles, si ce n’est une statue de Kit Carson, le massacreur d’Indiens, l’incroyable magasin Rockmount Ranch Wear, dont le fondateur a inventé la chemise de cow-boy à boutons-pressions que chaque star du rock se doit d’acheter. Ou encore la gigantesque foire aux bestiaux qui mène chaque année en janvier le meilleur taureau se faire décorer dans le hall de l’historique Brown Palace.

Food trucks, cannabis et yoga

Aujourd’hui, la cité soigne son caractère urbain, écolo et branché. À côté des vieux immeubles transformés en centres commerciaux ou librairies vintage, les gratte-ciels prennent les formes les plus osées. À l’image du Denver Art Museum, signé Daniel Liebeskind, institution qui aime confronter ses collections d’art indien avec d’autres cultures de notre temps. C’est une ville où il fait bon flâner car elle est branchée outdoor. Grâce à son climat puisque la ville, surnommée «Mile High City», est située à 1609 m d’altitude! Elle bénéficie ainsi d’un climat chaud et sec en été, assez doux en hiver malgré sa proximité avec les montages. Il y a des terrasses partout, des food-trucks dans le parc du Capitole, des zones piétonnes animées où il fait bon s’attarder et des parcs où les séances de yoga collectives font un tabac.

Ville propre et à majorité blanche (la population compte près de 60% de Blancs, dont beaucoup d’origine allemande, 30% de Latinos et seulement 10% de Noirs), Denver a connu un extraordinaire boom démographique ces dernières années. Une ruée non plus vers l’or, mais pour une part vers le cannabis, la nature et la créativité. (24 heures)

Créé: 11.08.2018, 15h50

La route des cimes

Créé en 1915, le Rocky Mountain National Park s’étend de part et d’autre de la ligne de partage des eaux. On peut taquiner ses plus hauts sommets (Longs Peak à 4346 m) en empruntant en voiture une route qui monte jusqu’à 3713 m d’altitude! Plus de neige ni d’arbres dans cette toundra qui s’étend à perte de vue et où l’oxygène se fait plus rare. Dans cet environnement majestueux, où le Colorado prend sa source, on peut randonner été comme hiver.

Rafting explosif

Le nom de la rivière, dont les rapides creusent un grand canyon, mérite seul un détour: Cache la Poudre! Une appellation qui remonte aux trappeurs français qui ont occupé les premiers la région de Fort Collins, ville située au nord de Denver. Point de départ idéal pour les pêcheurs, chasseurs et amateurs de randonnées, elle permet de vivre une belle expérience de rafting pour toute la famille dans des eaux tumultueuses, sous la conduite de pilotes respectueux de la nature.

Rock monolithique

À 30 minutes de route de Denver, deux monolithes forment l’amphithéâtre naturel de Red Rocks. John B. Walker y organisa des concerts dès 1906. Aujourd’hui, le site, équipé de gradins, peut accueillir près de 10 000 spectateurs. Les Beatles, Jimi Hendrix, U2, Neil Young ou Eric Clapton y ont joué. On y vient tant pour la musique que pour ce cadre magique, qui au coucher de soleil embrasant la roche rouge fait revivre dinosaures et légendes indiennes.

Infos pratiques

Y aller

Le 4 juin, Edelweiss a inauguré un vol direct vers Denver, au départ de Zurich, base de la compagnie aérienne suisse. Vols jusqu’au 21 septembre, les lundis et vendredis, à partir de 879 francs. Infos: flyedelweiss.com.

Dormir

Kimpton Hotel Born, 1600 Wewetta St. Un hôtel plutôt classe, à côté de la gare et à proximité de tout. The Elizabeth Hotel à Fort Collins.
Se déplacer

On peut sauter dans le bus gratuit qui fait la navette sur l’avenue principale, enfourcher un vélo (il y a des pistes cyclables et des vélos en libre-service) ou visiter la ville à bord d’un Tuk Tuk électrique avec commentaires colorés.

À visiter

Le Rino Art District, ancienne friche industrielle, où on cultive tous les arts, y compris ceux de la cuisine. Chaque année, ses murs sont livrés à des artistes qui en renouvellent les graffitis. À voir aussi l’étonnant musée consacré à Vance Kirkland, artiste local aussi grand collectionneur des arts décoratifs.

Infos: www.denver.org

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