L’île Maurice veut offrir bien davantage que ses plages

EscapadesLe bijou de l’océan Indien dit non au tourisme de masse et propose d’autres activités pour grandir.

À Maurice, plus de la moitié de la population est hindouiste, un quart chrétien, un cinquième musulman.

À Maurice, plus de la moitié de la population est hindouiste, un quart chrétien, un cinquième musulman. Image: MTBA

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Depuis le 18 novembre, Genève a retrouvé un vol direct hebdomadaire pour l’île Maurice. Un atout de plus pour le bijou de l’océan Indien qui reste une destination privilégiée des Européens qui ont quelques moyens. Le caillou né des volcans veut garder son tourisme «premium» car il sait qu’il ne peut pas multiplier ses plages.

Maurice a reçu 1,2 million de visiteurs l’an dernier, espère arriver à 1,3 million cette année (l’équivalent de sa population totale), mais ne peut pas aller beaucoup plus loin. «Nous diversifions donc nos offres, explique Dany Ramsamy, de Mauritian Tourism. D’autant que les voyageurs d’aujourd’hui veulent des activités à côté des plages qui ne sont plus un but à elles seules.» Tous les acteurs locaux vantent leur démarche écologique même si des voix discordantes s’élèvent sur place.

«Les voyageurs d’aujourd’hui veulent des activités à côté des plages qui ne sont plus un but à elles seules»

La première source dans laquelle plonge le secteur est l’incroyable diversité culturelle et historique de ce petit territoire qui fait la moitié de la surface du canton de Vaud. L’île sans autochtones a été découverte par les Arabes, puis par les Portugais en 1500. Les premiers colons seront pourtant Hollandais dès 1598, avant que n’arrivent les Français en 1715, qui céderont la colonie aux Anglais en 1810 qui accordera l’indépendance en 1968. Entre esclaves africains, ouvriers indiens et commerçants chinois, le mélange est étonnant, même si chacune des communautés reste assez tournée sur elle-même.

Pour s’en rendre compte, suivez Shakti dans les rues de Port-Louis, la capitale, où elle organise des visites gourmandes. Quoi mieux que la cuisine peut raconter cette histoire fusion? Le gato piment ou les roti qui arrivent d’Inde (plus de la moitié de la population), les pâtisseries chinoises qui se gorgent de fruits exotiques, les grossistes en lentilles ou en riz qui entourent le grand marché, tout, ici, ressemble à une Asie tropicale bardée de références françaises.

Coup de canne

L’histoire coloniale, on la retrouve aussi dans les rhumeries et les fabriques de sucre qui ont longtemps été la principale source de revenus de l’île et lui ont donné de beaux châteaux d’époque. Mais les champs de canne ont rétréci, les nouvelles technologies ou les call centers sont devenus une industrie locale. Sur le Morne Brabant qui domine de ses 555 mètres les plages de luxe, on se rappelle l’histoire des esclaves en fuite qui y avaient établi leur camp. «Le voyage jusqu’ici tuait déjà la moitié d’entre eux», résume Alan, qui a ouvert une agence de guides pour des randonnées sportives sur les montagnes de l’île, dont la plus haute, le Piton de la Petite Rivière noire, culmine à 828 m et où la montagne du Rempart ressemble à notre Cervin.

«Le voyage jusqu’ici tuait déjà la moitié d’entre eux»

Côté activités, les vedettes s’appellent kitesurf – le spot très venté de One Eye est mondialement connu – et golf (neuf parcours 18 trous et trois 9 trous!), qu’on peut même pratiquer sur la minuscule île aux Cerfs. Côté océan, tout est évidemment possible, de la plongée à la pêche au gros, du catamaran à voile jusqu’au kayak, sauf le jet-ski, heureusement interdit par le gouvernement pour cause de nuisances.

Mais c’est bien sur terre ferme que les nouveautés se concentrent tout au long de l’année, même si l’été (octobre-mai) reste la haute saison. «On constate que les gens viennent davantage en saison basse pour faire des activités», raconte Gilles Bernard Crétin, directeur des ventes VIP au St. Regis. Bien sûr, ce n’est pas la Réunion voisine et ses treks sauvages, mais les réserves existent, qu’on parcourt à pied, en parachute, à VTT ou en quad, à l’affût de jolies petites cascades et de trous d’eau pour se baigner. Parce que tout finit quand même dans l’eau. (24 heures)

Créé: 16.12.2017, 12h31

Admirer


Le Morne Brabant
culmine à… 555 m mais il est inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco. Des esclaves échappés s’y étaient réfugiés. Le jour de l’abolition de l’esclavage, un détachement militaire venu les prévenir les a effrayés. Ils ont fui par le sentier jusqu’au sommet, où ils ont préféré se jeter dans le vide. Un sentier permet de suivre leurs traces, assez facile au départ, escarpé dans sa deuxième moitié. Mieux vaut prévoir un guide pour en découvrir les secrets.

Se balader


Se balader
Maya et Shakti proposent des «visites qui ont du sens» à l’enseigne de MyMoris. Une balade gourmande et historique, une autre artisanale, une troisième pour les familles à Port-Louis, des excursions à vélo, en bateau, des stages de sega (la danse locale) ou de découverte de street art permettent d’appréhender autrement l’île tropicale, avec son histoire incroyable et son mélange culturel étonnant. Les guides sont passionnants et l’atmosphère est parfaitement détendue.

Apprendre


Le Jardin botanique de Pamplemousses
Créé en 1770, il est le premier créé sous les tropiques. Sur 37 hectares, on y découvre de multiples palmiers, dont le tallipot qui fleurit après des décennies et meurt, mais aussi lianes, flamboyants ou nénuphars géants. Pas très loin, le Domaine de Labourdonnais permet de découvrir canne à sucre, vanille ou fruits tropicaux à côté d’un restaurant renommé. À Chamarel, le Curious Corner s’amuse des illusions d’optique près de la rhumerie toujours en activité.

Dormir


La Villa de l’Hôtel St. Regis
À ceux qui n’auraient pas les moyens de la louer (15 000 € la nuit!), l’île offre un vaste choix d’hôtels plutôt haut de gamme. Six cinq-étoiles luxe, une quarantaine de cinq-étoiles, une septantaine de quatre-étoiles, mais aussi deux cents trois-étoiles dont les prix peuvent démarrer à 174 € la semaine. Pas mal d’agences proposent aussi des appartements en location à des tarifs sympathiques, et Airbnb est également disponible sur l’île.

Note: Ce voyage a été rendu possible grâce à Mauritian Tourism et Air Mauritius.

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