L’Argentine, des airs d’Europe en Amérique

Grâce à une histoire coloniale récente et à l’immigration, le pays a des ressemblances avec le Vieux Contient. Les Andes offrent cependant un paysage incomparable.

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Lorsqu’on évoque l’Argentine, on pense au tango, à la viande saignante et forcément à Ushuaia, ce petit village du bout du monde. Au-delà des paysages andins spectaculaires et des clichés traditionnels, l’Argentine se découvre au gré des influences européennes importées par les colons, l’immigration et le désir de faire «aussi bien» que les Européens. Rien que le tango, ou du moins sa grande popularité actuelle, est une «importation» parisienne: «Cette danse n’était pas bien vue de la bonne société, explique Lorena Vale, guide touristique. Mais, comme Buenos Aires a toujours voulu se donner des airs de grande capitale européenne et que le tango avait du succès à Paris, il a été réhabilité et les habitants de la capitale en ont fait un attrait touristique.»

Tous les lieux prisés des voyageurs voient défiler des danseurs plus ou moins doués. Les selfies avec des jeunes femmes aux jupes échancrées sont légion dans le quartier populaire et coloré de La Boca, à forte population immigrée. Plus au nord, à San Telmo, où se tient un charmant marché dominical tout en couleurs, il n’est pas rare de voir des danseurs sur de minuscules scènes dans des cafés tout aussi petits. Certains préfèrent étendre un tapis sur les pavés et improviser quelques pas sous un soleil de plomb. Mais, pour une expérience dépaysante à souhait et totalement kitsch, une soirée tango dans un théâtre de la ville est incontournable. La Piazzolla, premier théâtre souterrain de Buenos Aires, est l’un d’eux. On y décèle encore les grilles derrière lesquelles les veuves avaient la possibilité de voir les spectacles sans s’afficher seules en société.

C’est cependant à la Ventana, à San Telmo, que nous avons assisté à deux heures d’un show improbable. Des danseurs de tango et d’autres maniant les «bolas» (ces boules permettant d’attraper les taureaux) telles des percussions offrent des numéros impressionnants. En revanche, le crooner et sa coéquipière chantent (mal) en forçant sur les trémolos et l’émotionnel. Le grand final vaut le détour: un «No llores por mi Argentina (Don’t Cry For Me Argentina)» entonné la larme à l’œil en agitant le drapeau national. À vivre une fois dans son existence!

Milan à Buenos Aires

L’Argentine, bien que colonisée par les Espagnols, accueille une grande communauté italienne. Cela se traduit par une multitude de restaurants tenus par des immigrés de la Péninsule, où les deux langues latines se mélangent allégrement. En entrant dans la Galeria Guemes, située sur une des grandes avenues commerciales de Buenos Aires, on se croit parachuté à Milan. Imaginé par Francisco Gianotti, un des architectes Art nouveau les plus importants du début du XIXe siècle, l’édifice est magnifique. La vue depuis son mirador, imprenable.

Après un détour par Paris et Milan, cap sur des paysages du sud de la France. C’est dans les environs de Mendoza, ville située à un millier de kilomètres à l’ouest de Buenos Aires, que l’on peut se prélasser au soleil au milieu des vignobles, un verre de malbec à la main. La région produit les trois quarts du vin du pays. Dégustations et visites de vignobles font partie des attraits du lieu. Le vaste domaine Trapiche, qui écoule 2,5 millions de caisses de vin par an, se visite après un agréable repas dans son restaurant épuré. Le bâtiment historique de briques rouges vaut le détour puisque les lieux existent depuis 1883 et produisent des malbecs, sauvignons blancs, cabernets sauvignons, pinots noirs, syrahs, chardonnays, entre autres.

Du vin et des reines de beauté

La région de Mendoza s’enorgueillit d’être ensoleillée 320 jours par an. C’est grâce à l’imposant système d’irrigation imaginé déjà par le peuple indigène des Huarpes que la végétation, en ville comme alentour, est particulièrement abondante, malgré le manque de pluie. Le parc San Martin de 400 hectares situé au centre de Mendoza en est la preuve. Il accueille une grande variété d’essences exotiques, et sa fontaine des Continents nous plonge dans une atmosphère versaillaise déroutante. Pendant la Fête des vendanges, elle se remplit de vin.

Il faut déambuler dans les rues de Mendoza pour réaliser à quel point cette célébration prend un sens particulier pour les jeunes filles du coin. Chaque année, fin février, des milliers de personnes affluent dans la région pour l’une des plus grandes fêtes de la vigne en Amérique latine. L’occasion d’élire une reine, un rôle qui n’est vraiment pas pris à la légère. Les plus fortunées s’offrent des affiches «électorales» placardées sur les différents panneaux de la ville, les moins bien loties imposent leurs jolis minois dans les vitrines des boutiques. L’élection a lieu lors du spectacle phare de la fête, dans l’imposant amphithéâtre Frank Romero Day. Un théâtre grec qui accueille pas moins de 20 000 personnes!

Bien que l’on constate des similitudes évidentes entre nos vignobles du sud de l’Europe et ceux de la région de Mendoza, il faut toutefois quitter des yeux les grappes de raisin et admirer le paysage andin qui s’étale de part et d’autre. C’est en contemplant ces montagnes à couper le souffle que l’on a le sentiment d’être bien loin du Vieux-Continent.

Après le vin, place aux victuailles. Les Argentins mangent aux mêmes heures que les Espagnols: tard, très tard. Avant 22 heures, difficile de trouver de l’ambiance dans un restaurant. Par conséquent, les bars et autres boîtes sont désertes avant 2 h du matin. Pour tenir jusqu’au bout de la nuit, les locaux mangent des quantités impressionnantes de viande. Le fameux «asado» est une tradition incontournable des week-ends et de tous les moments festifs. Ce plat n’est autre qu’une énorme charbonnade où rôtissent tout un tas de viandes et saucisses. N’en déplaise aux végétariens, la viande est présente tous les jours de la semaine. Au menu, elle se suffit parfois à elle-même. À quoi bon manger des légumes lorsque le steak prend toute l’assiette?

À Salta, une ville située au nord du pays, il ne faut pas louper la charmante Casona del Molino. Cet établissement typique sert non seulement un «asado» gargantuesque mais prépare également des «empanadas» délicieuses. Ces petits chaussons à la viande ou au fromage sont de tous les apéros. Cuits au feu de bois à la Casona, ils mettent en appétit. Le bistrot ne se contente pas de restaurer les affamés, il offre quartier libre aux musiciens qui souhaitent montrer leur talent. Cela donne une ambiance particulière, sachant que deux groupes différents chantent dans des salles voisines. Une façon agréable de découvrir la musique locale, mais qui ne favorise pas tellement la discussion entre convives.

Ça tombe bien: l’«asado» est copieux et il serait malpoli de parler la bouche pleine! Pour ceux qui auraient encore un petit creux, les desserts proposés sont souvent nappés de «dulche de leche», cette spécialité espagnole à base de lait condensé sucré. Mais les Argentins, tout comme les Italiens, sont aussi des amateurs de glaces aux parfums divers. Pour éliminer les calories, un petit jogging du bas de la ville jusqu’au sommet de San Bernardo s’impose. Cette colline peut se rejoindre par la route, en gravissant les 1100 marches aménagées le long de la pente ou encore par le téléphérique. Un engin mis au point par un ingénieur suisse en 1987. Une fois au sommet (à 1454 mètres d’altitude), on jouit d’une vue à 360 degrés sur Salta. Les sportifs sont nombreux à grimper jusque-là en fin de journée.

Déambuler dans les rues piétonnes de Salta, admirer sa cathédrale. Flâner dans le parc de l’Indépendance de Mendoza ou visiter le cimetière de Recoleta, à Buenos Aires (le Père-Lachaise local abritant la dernière demeure d’Eva Perón), sont autant d’activités à faire lors d’un séjour citadin. Mais l’Argentine, c’est aussi et surtout la nature, les randonnées et cette vision du bout du monde inégalable.

Créé: 28.04.2018, 14h03

Y aller

La compagnie aérienne Edelweiss, qui nous a emmenés en Argentine, inaugurera sa nouvelle ligne Zurich-Buenos Aires le 7 novembre et proposera deux vols directs par semaine.

Il faut compter 14 h 30 de vol à l’aller et 13 h 30 au retour.

Dès 1219 francs en classe économique. En s’acquittant d’un supplément de 229 francs, on a accès à la classe Economy max. Elle propose 15 cm d’espace supplémentaire pour les jambes et un siège davantage inclinable. Pour un vol aussi long, cela fait une réelle différence.

www.flyedelweiss.com

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