À Bruxelles, l’art fleurit sur les anciens sites industriels

EscapadeDans la capitale belge, briques et béton composent les écrins de la création artistique.

La Brafa, pour Bruxelles Art Fair, se tient, chaque année en janvier, dans les entrepôts de l’ancien site postal Tour & Taxis. Durant une semaine, plus de 130 exposants dévoilent leurs plus beaux objets qui couvrent tous les champs de la création artistique et les époques anciennes comme modernes.

La Brafa, pour Bruxelles Art Fair, se tient, chaque année en janvier, dans les entrepôts de l’ancien site postal Tour & Taxis. Durant une semaine, plus de 130 exposants dévoilent leurs plus beaux objets qui couvrent tous les champs de la création artistique et les époques anciennes comme modernes. Image: www.debatty.com

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Bruxelles, ses bonnes bières, de la bande dessinée, une balade dans les pas des surréalistes ou un détour pour s’en aller saluer le p’tit gamin exhibitionniste. Avec ces images de carte postale, la capitale belge est devenue l’une des destinations les plus sympathiques d’Europe pour un court séjour lorsque les lumières de Noël brillent ou quand le soleil a fait place aux frimas de l’hiver. C’est oublier que toute l’année, cette ville conserve de multiples intérêts. Avec une riche offre culturelle qui, à côté de ses grandes institutions muséales et autres incontournables touristiques, aligne foires d’art, festivals de création scénique et, depuis quelques années, multiplie ses sites dévolus à l’art contemporain. Avec en cours de gestation le plus important projet muséal du continent: Kanal, une nouvelle antenne du Centre Pompidou promise à devenir une véritable ville des arts dans d’anciens garages Peugeot. Tour de piste culturel et balade au gré de quelques anciens sites industriels dédiés à la promotion de l’art.

1. La Brafa a tout d’une grande

C’est l’une des plus anciennes foires d’art d’Europe. Peut-être la plus conviviale. Un statut qui lui vaut le surnom d’«Old lady». Chaque année, la Brafa, qui fête du 26 janvier au 2 février sa 65e édition, ouvre les feux de la saison culturelle bruxelloise. Depuis une petite dizaine d’années, ce rendez-vous – originellement dédié à l’art ancien avant qu’il n’ouvre ses allées aux galeries vouées à l’art moderne et contemporain – a le vent en poupe. Une cure de rajeunissement qui s’est intensifiée depuis que la foire a déménagé dans les vastes entrepôts industriels du site de Tour & Taxis, un décor de briques, de verre et de fer forgé anciennement dédiés aux services postaux et créé par la famille Thurn en Taxis au début du XXe siècle. En 2019, pour la cinquième année consécutive, la Brafa a battu son record d’affluence avec 66'000 visiteurs. C’est 23'000 de moins qu’Art Basel mais plus qu’ArtParis et presque autant que la Tefaf new-yorkaise.

Quels atouts pour cette foire qui se veut généraliste? Une semaine entière durant laquelle le public peut déambuler parmi les stands, 133 exposants (à deux tiers belges et français) et, surtout, un éclectisme assumé par le choix de ne pas créer des secteurs thématiques. Art actuel (une trentaine de galeries), antiquités, bande dessinée, livres précieux, masques africains ou photographie se côtoient les uns les autres. Un vrai plaisir pour les collectionneurs comme pour le grand public qui se balade à travers ce gigantesque cabinet de curiosités où tous les genres se confrontent. Cette année, 8 galeries suisses feront le voyage, dont 6 genevoises. Et le clou de la manifestation sera la vente caritative exceptionnelle de 5 segments du mur de Berlin.

Si la Bruxelles Art Fair se niche au cœur de l’hiver, en avril c’est Art Brussels qui attire depuis 38 ans les amateurs d’art contemporain. En juin, place aux arts ethnographiques et, tout au long du mois de septembre, à une cinquantaine d’événements et d’expositions déclinant les thèmes du design et de l’art urbain à travers la ville.

2. Kanal, future ville des arts

Le showroom des anciennes usines Citroën, emblème du futur Kanal. CREDIT: Veerle Vercauteren for Fondation Kanal

Avec Kanal qui ouvrira ses portes en 2023, Bruxelles n’aura bientôt plus rien à envier aux grandes capitales européennes! Imaginez: 35'000 m² dédiés à la création artistique. Avec l’installation du Musée d’art moderne et contemporain (12200 m²), du Centre international pour la ville, l’architecture et le paysage (7000 m²) et 7400 m² d’espaces partagés, avec un auditorium de 300 à 400 places assises… Ce mégaprojet trouvera sa place dans les bâtiments de l’ancienne usine ouverte par André Citroën 1930, non loin du centre-ville. Ce sont trois bureaux d’architecture – parmi lesquels les Zurichois de EM2N, avec pour mission de transformer la cathédrale de verre et de béton qui abritait le showroom du garage ainsi que les ateliers et les locaux administratifs. Coût de l’opération? 150 millions d’euros. Jusqu’en 2027, près de 300 œuvres prêtées par le Centre Pompidou rempliront les espaces. En attendant la fin des travaux, le site accueille déjà des expositions. Une occasion unique de découvrir un lieu assez incroyable. D’ici à la fin de sa réhabilitation en 2023, il ouvre régulièrement ses portes, gratuitement, 7 jours sur 7. L’exposition actuelle se termine le 26 janvier mais, du 4 avril au 20 novembre, le Genevois John Armleder embrassera les 6 niveaux du Showroom de Kanal pendant 7 mois.

3. L’art actuel au MIMA et à Wiels

Après le Palais des beaux-arts (BOZAR) qui abrite salles de concert, de spectacle et d’exposition et consacre, jusqu’au 19 avril, une large rétrospective à l’artiste américain Keith Haring, après bien entendu les Musées royaux des beaux-arts, Kanal-Le Centre Pompidou deviendra la nouvelle tête de pont des espaces culturels bruxellois. Pourtant, sur le front de la création contemporaine, d’autres lieux se sont récemment fait une place de choix avec une programmation souvent très intéressante. Tous sont installés sur d’anciens sites industriels ou agricoles. Du côté de Molenbeek-Saint-Jean, à moins d’un kilomètre des garages Citroën, le curieux Millennium Iconoclast Museum of Art (MIMA) a ouvert ses portes en avril 2016 dans les locaux aux briques ocre des anciennes brasseries Belle-Vue avec pour mission de promouvoir l’art urbain et la culture 2.0. Au gré des 8 salles d’exposition se découvre une partie de la collection permanente (Banksy, Invader, Blu, Barry McGee,...) et deux expositions temporaires y sont présentées chaque année, nourries de cultures urbaines, à la croisée des élans créatifs qui marquent le début du XXIe siècle, tant du côté musical que graphique ou sportif.

Le centre culturel Wiels se visite aussi bien pour ses expositions d’art contemporain que pour la convivialité de son foyer. CREDIT: Alexandra Bertels

Tout autre ambiance, plus au sud, dans le bâtiment industriel moderniste de l’ancienne brasserie Wielemans-Ceuppens. Depuis 2007, le Centre d’art contemporain Wiels se définit comme un «laboratoire international pour la création et la diffusion de l’art contemporain». Monographiques, collectives, thématiques, des expositions occupent tout au long de l’année les trois salles réparties dans les étages, sur 1800m². Dès le 30 janvier et jusqu’en mai, Wiels ouvrira ses espaces au photographe Wolfgang Tillmans. Pénétrer dans le lieu, c’est d’abord s’immerger dans le vaste hall où trônent encore les anciennes cuves. Il accueille l’un des établissements publics les plus agréables pour laisser tourner la trotteuse. Et sentir battre le pouls de cette Bruxelles qui maintient sa réputation de ville créative, au carrefour de l’institutionnel et des avant-gardes.


Les Halles Saint-Géry, épicentre branché

Un ancien marché devenu agora. À quelques minutes à pied de la Grand-Place, le charmant et branché quartier de Saint-Géry constitue l’un des berceaux de la cité. Boutiques trendy, cafés pleins de vie, terrasses conviviales, l’endroit vit de jour comme de nuit, hiver comme été, avec comme épicentre les anciennes halles du marché couvert (construit en 1881) où s’est installé un bistrot très sympa. Le bâtiment, qui affiche un extérieur de style néorenaissant flamand et à l’intérieur une ossature métallique, accueille, outre une exposition qui relate l’histoire de cette portion de ville, de nombreux événements, allant d’un marché aux plantes à des soirées musicales, festival vidéo, etc. (Infos: hallessaintgery.be)


Patinoires royales

Il est l’un des sites royaux transformés qui conserve une magie extraordinaire tant il traverse l’histoire du siècle dernier: la Patinoire royale. Ce«Royal Skating» a été construit en 1877, au cœur du quartier de Saint-Gilles, pour les patineurs à roulettes. En 1900, le bâtiment néoclassique avec sa sublime charpente en bois et métal est transformé en garage Bugatti, puis servira de Fabrique nationale d’armes de guerre ou deviendra un lieu d’exposition de voitures de collection. Depuis 2007, il accueille la Galerie Valérie Bach, l’un des plus spacieux espaces privés dédiés à l’art moderne et contemporain à Bruxelles. (Infos: www.prvbgallery.com)

Créé: 13.01.2020, 11h13

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