Les Clées, de la verdure dans les gorges de l’Orbe

L’Esprit des lieux«Pour vivre heureux, vivons cachés, et pour cela, vivons aux Clées», glisse avec malice Gérard Conod, 64 ans, natif du lieu.

Les Clées, 25 septembre 2017, vue du village avec l'Eglise et l'hôte le la Croix Blanche. (24heures/Philippe Maeder)Les Clées, 25 septembre 2017, vue du village avec l'Eglise et l'hôte le la Croix Blanche. (24heures/Philippe Maeder)

Les Clées, 25 septembre 2017, vue du village avec l'Eglise et l'hôte le la Croix Blanche. (24heures/Philippe Maeder)Les Clées, 25 septembre 2017, vue du village avec l'Eglise et l'hôte le la Croix Blanche. (24heures/Philippe Maeder) Image: Philippe Maeder

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Cet ancien instituteur connaît l’histoire de son bourg sur le bout des doigts. Alors que son métier l’a contraint à quitter son Jura natal pour enseigner à Vevey et à La Tour-de-Peilz, il est revenu illico à la source dès que l’opportunité s’est présentée. «Quand on est du Jura, on préfère les sapins au lac», sourit-il. Situé au fond d’un profond ravin et entouré d’épaisses forêts, Les Clées offre un écrin de verdure à environ 100 habitants. Posté plus haut, le hameau de La Russille, qui fait aussi partie des Clées, abrite lui 75 âmes.

Dotée d’un château et d’un pont, la commune des Clées était un lieu de passage entre la Bourgogne et le Pays de Vaud. Elle emprunte son étymologie au mot «clédar», qui, dans le Jura bernois et vaudois, fait référence à une ouverture dans une clôture. «La ville était prospère grâce aux taxes de passage. Elle avait de l’autonomie et de la grandeur. Mais les guerres de Bourgogne l’ont conduite au déclin, vers 1500», explique Gérard Conod.

Aujourd’hui, ce sont les amoureux de la nature qui y transitent. Un couple de Saint-Imier, venu spécialement découvrir les gorges de l’Orbe, profite d’un soleil radieux pour casser la croûte sur la place du village, à la table de pique-nique. «Le parcours est vraiment magnifique», s’émerveillent-ils. A cette même place, la cloche de la petite église réformée sonne midi. Trois dames discutent ensemble derrière une ligne jaune tracée au sol. Elles seront bientôt rejointes par un minibus orange qui y dépose une dizaine d’enfants. «Nous nous retrouvons toujours à l’arrêt de bus, lorsque nous récupérons nos enfants pour dîner. C’est un lieu de rencontre», souligne Laura Spreng, qui attend sa fille de 7 ans. Depuis que l’école des Clées a fermé, les écoliers se rendent à Lignerolle ou à Montcherand. Vivre aux Clées, c’est vivre loin des transports en commun. Le train et le bus sont à 2 km. «Cet endroit m’a attirée onze ans auparavant car c’est un lieu protégé, tranquille. Tout le monde se connaît», relève Laura Spreng.

Non loin de la place du village, Heidi Serex cajole son potager. «Les gens pensent que nous n’avons pas de soleil, mais, au contraire, nous l’avons du matin au soir. L’endroit est préservé du brouillard. Soit il stagne sur la plaine de l’Orbe, soit il monte plus haut», explique-t-elle. Originaire d’un autre canton, elle s’est installée ici il y a plus de 40 ans avec son mari et ses trois enfants en bas âge. «Quand nous sommes arrivés, les habitants nous considéraient comme des gens de la ville, mais quand ils ont vu que j’entretenais un potager, ils m’ont regardée différemment. La commune qui était assez renfermée sur elle-même s’est ouverte sur l’extérieur au moment où des villas ont été construites.» Mis à part le restaurant communal et une entreprise de terrassement, il n’y a aucun commerce. Pour Gérard Conod, l’inconvénient, c’est que les gens gagnent leur vie ailleurs que là où ils vivent. «Quand on était enfant, il y avait six ou sept paysans et il y avait tout le temps du monde dehors, on s’asseyait sur un banc et on pouvait être sûr que des gens se rameutaient», se souvient-il.

Aujourd’hui, de nombreuses villas bordent le chemin qui mène aux gorges de l’Orbe. Plus on descend, plus on y aperçoit des curiosités de tout genre. Comme ce vieux piano abandonné, en face duquel est assis un mannequin, installé comme s’il voulait accompagner le bruit des flots. (24 heures)

Créé: 01.10.2017, 09h56

Les habitants


Gérard Conod, 64 ans, originaire de la ville des Clées, est municipal


Laura Spreng, 36 ans, attend sa fille à l’arrêt de bus, après l’école. Elle habite Les Clées depuis onze ans.


Heidi Serex cajole son potager depuis plus de quarante ans aux Clées.

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