Du pays des funiculaires aux cols imprévisibles, en Harley

Grand Tour de Suisse 5/7Entre le Tessin, qui offre la montagne dans un écrin méridional, et les sources du Rhône, l’air change de latitude. A moto, prévoir crème solaire et pèlerines.

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Quand on voyage sur deux-roues, le dieu météo est tout-puissant. L’étape du Grand Tour du pays entre le Tessin et le Haut-Valais passe par les cols de Suisse centrale, et, là-haut, le temps change en quelques minutes. Le voyage débute à Lugano, dans les murs du romantique et un peu désuet Hôtel International Au Lac (en français dans le texte). Le lendemain, cap vers le garage Harley-Davidson de Lamone, en pleine zone industrielle.

C’est l’un des 13?points où l’on peut louer une Harley avec les équipements pour participer au tour. Le choix va du Sportster, avec son mini-réservoir, aux colosses de la gamme Touring, comme l’Electra Glide Special et ses plus de 400 kilos. Nous partons en selle d’une Breakout, moto minimaliste sauce dragster, et d’une Street Glide Special, avec carénage et sacoches rigides. De quoi juste glisser les habits de pluie et un peu de rechange. Petit détail qui a son importance: il faut ramener les motos là où on les a prises. Ce que nous n’avons pas fait, parcourant seulement une partie de l’itinéraire proposé par Suisse Tourisme et Harley-Davidson Suisse.

Le voyage nous emmène vers le nord. Après le premier et très modeste col du Monte Ceneri, qui sépare les deux parties du Tessin, la descente dans la vallée de Bellinzona nous laisse déjà voir les montagnes trapues et bien boisées, premiers contreforts des Alpes. Un arrêt historico-gastronomique s’impose dans la capitale tessinoise, nantie de ses trois châteaux: Sasso Corbaro, tout en haut, Montebello, un peu plus bas, et le Castelgrande, en plein centre-ville. Les plus pressés se contenteront du dernier cité, qui inclut un très pratique ascenseur glissant dans ce qui est un véritable chef-d’œuvre de la construction en béton, parfaitement intégré dans les remparts.

Sous le signe du génie civil Le Tessin, outre le merlot, est par excellence le pays des téléphériques et des funiculaires. Si l’on n’est pas pressé, on peut déjà emprunter celui qui part de l’autre côté du fleuve Ticino et conduit à Mornera, sur le Monte Carasso. Compter un peu plus d’une heure, pont tibétain compris. Puis c’est l’autoroute, pour compenser la chaleur dégagée par les gros twins américains sous le soleil encore abondant. Ne pas oublier la crème solaire sur les poignets!

Dès Biasca et le retour sur la route cantonale, par contre, une bruine légère nous envahit, bientôt changée en franche averse. La pause d’enfilage des pèlerines est mise à profit pour admirer à Pollegio la centrale de gestion du trafic ferroviaire des CFF. Inaugurée en mai 2014, elle se trouve juste à côté du centre d’information d’Alptransit, le grand projet de nouveaux tunnels du Gotthard (en service courant 2016) et du Ceneri (2019). La visite est gratuite.

L’ascension de la vallée de la Léventine se poursuit sous le signe du génie civil, en passant sous les imposants viaducs de l’autoroute et sur les jolis lacets de Biaschina. Sur la droite comme la gauche, une série de téléphériques et funiculaires, au choix, est encore là pour les désireux d’altitude.

A Airolo, pour joindre le Haut-Valais, on peut choisir le col du Saint-Gothard, qui permet de rejoindre Hospental, dans le canton d’Uri. La route est large, presque majestueuse, et permet de contempler tout le chemin parcouru jusqu’alors. Si l’on n’a pas peur pour ses lombaires et ses boulons, rien n’empêche d’emprunter la Tremola (la tremblante, en français), soit la vieille route, pleine de pavés et qui ne compte pas moins de 18 épingles. On finit de toute façon au sommet, entre deux murs de neige. Le bruit du vent et de l’eau qui coule ne nous quitteront plus.

La descente sur Hospental vire à la plongée dans une spécialité locale, la purée de pois. On ne voit pas à 10?mètres. Ce qui transmute le paysage et lui donne une aura de mystère ouaté, des ponts, des rails, des vélos et des autocars postaux surgissant sporadiquement de la nuée. Le brouillard ne nous lâchera plus jusque haut dans l’ascension du col de la Furka (2429?mètres tout de même). On parlait du temps, imprévisible. Il a suffi de poser les pneus sur terre valaisanne, de l’autre côté, pour baigner dans un beau soleil de fin de journée. Il a illuminé la visite de la grotte taillée dans la langue du glacier du Rhône, féerique. Et permis de croiser le regard d’une marmotte en quête de menues victuailles laissées par les voyageurs.

Un luxueux hôtel d’altitude, le Grimselhospiz, nous accueille pour notre seconde nuit, après un saut de puce en direction du Berner Oberland et un nouveau col, celui du Grimsel (2165?m). Puis c’est le passage dans la vallée de Conches, royaume des églises aux clochers pointus, ou bombés, c’est selon, patrie du célèbre hôtelier César Ritz. Dans la descente sur Brigue, vous pouvez prendre un dernier téléphérique, qui vous porte vers un autre glacier majestueux, celui d’Aletsch. La balade se termine chez le concessionnaire Harley du Valais, à Rarogne. Mais avant la fin de la route, une halte chili con carne s’impose au «saloon» et restaurant western Rothis, à Steg.

Créé: 11.07.2015, 16h51

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Les bons plans en route

Grotte du glacier du Rhône

Ce lieu unique – ouvert de juin à octobre – se trouve à environ 2300?mètres d’altitude, dans la descente du col de la Furka, côté valaisan. Chaque année, le glacier bouge d’environ 30 à 40?mètres, et il faut donc creuser chaque année une nouvelle grotte. La visite est payante (7?francs sans réduction). Il faut passer par le «bazar», au-dessus de la buvette, pour y accéder.

www.gletscher.ch


Grotto San Michele

Ce petit joyau se trouve sur les flancs du château de Bellinzona (le Castelgrande). Par beau temps, la vue sur la terrasse est magnifique. On y trouve notamment des plats tessinois typiques, comme le cochon de lait à la Léventine. Le service et la cuisine sont ouverts aux étudiants de l’Ecole supérieure hôtelière et de tourisme du Canton du Tessin, qui y effectuent des stages. Le Grotto est fermé les lundis.

www.ristorantecastelgrande.ch


Grimselhospiz

Niché sur un nid d’aigle entre deux barrages des Forces Motrices Bernoises (Spitallamm et Seeuferegg), cet hôtel de luxe accueille les visiteurs adeptes de montagne durant toute l’année. L’endroit a été complètement rénové en 2008 et 2009, en conservant l’emblématique façade. La nourriture est régionale et soignée, le bois remplit l’espace intérieur, le granit et le quartz l’extérieur.

www.grimselwelt.ch

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