À San Diego, où la Californie conquérante a ses racines

ÉvasionCap sur la ville des bords du Pacifique, qui a su mettre en valeur son patrimoine historique.

Une partie du jardin botanique du Parc Balboa, dont la superficie totale approche les 490 hectares.

Une partie du jardin botanique du Parc Balboa, dont la superficie totale approche les 490 hectares. Image: GETTY

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Le nom de la taverne annonce la couleur: le Cafe Coyote. En cette matinée de fin septembre, les clients arrivent peu à peu. Un mélange d’habitués et de touristes qui s’apprêtent à visiter Old Town, le quartier historique. Au fil des années, le restaurant est devenu une institution. Dans le patio, on y déguste une excellente cuisine mexicaine concoctée à base de produits frais. Idéal pour prendre des forces avant de remonter aux origines de San Diego, et donc de la Californie. Juste avant de partir, la tentation est grande de goûter l’une des 100 tequilas à la carte. Il est un peu tôt et se donner du courage pour visiter la Whaley House est inutile, puisque la maison réputée hantée ne figure pas au programme…

Pas de fantômes, en revanche, dans le parc historique d’État Old Town situé quelques centaines de mètres plus loin, mais des maisons tout ce qu’il y a de plus réelles, témoins de la naissance de San Diego. Si l’explorateur Juan Rodriguez Cabrillo a été le premier Européen à découvrir la côte en y jetant l’ancre en 1542, ce n’est que bien plus tard que l’Espagne décide d’occuper vraiment les terres des Indiens tipaïs-kumeyaays. Il faut ainsi attendre 1769 pour qu’un fort et une mission voient le jour sur la colline du Presidio.

Musée à ciel ouvert

Mais le Old Town qui s’offre à la curiosité des visiteurs date du début du XIXe siècle, lorsque des soldats se sont installés au pied de Presidio Hill, autour d’une place. Résultat, une sorte de musée à ciel ouvert constitué de plusieurs maisons typiques de l’époque, dont la Casa de Estudillo qui constitue certainement le plus bel exemple de réalisation en pisé. D’autres sont en adobe, soit des briques de terre et de paille, ou conjuguent bois et pisé. Toutes les constructions n’ont pas survécu au poids des ans. Certaines d’entre elles ont donc été rénovées voire reconstruites, à l’instar de la maison Robinson-Rose. Datant de 1853, elle a été rebâtie en 1989 et abrite désormais le centre d’information et d’accueil du parc. L’ensemble du site donne en tous les cas une assez bonne idée de l’atmosphère qui devait régner en Californie entre les années 1820 et 1870.

La ville des origines a toutefois un gros défaut: elle est éloignée de l’océan. Dès la fin des années 1860, les activités vont ainsi être déplacées plus au sud, au bord de la baie de San Diego, plus favorable aux échanges. Le Down Town San Diego est né. Un changement de cap qui va complètement bouleverser la cité californienne des bords du Pacifique. Là encore, celle-ci a su préserver et mettre en valeur un patrimoine unique en son genre: Gaslamp Quarter ou le quartier des Réverbères à gaz. Il se compose de 16 pâtés de maisons et demi (!), qui se nichent entre la baie et Broadway, et la Quatrième et la Sixième Avenue. Le secteur vaut vraiment le détour. D’abord parce que c’est bien là que bat le cœur de San Diego, avec ses innombrables boutiques, bars, restaurant et clubs. Ensuite parce que de nombreuses constructions arborent une architecture de style victorien fort élégante.

Loin de ce tumulte, le Balboa Park offre à l’inverse un univers de sérénité. Véritable poumon vert de la ville, le site s’étend sur près de 490 hectares, soit plus que Central Park à New York. C’est bien sûr à pied, en venant par le pont Cabrillo, qu’il faut le parcourir et ainsi découvrir ses trésors. À commencer par sa végétation et ses jardins luxuriants. Le parc compte une quinzaine de musées, dont le Musée d’histoire naturelle, le Musée de l’homme et le Musée d’art. Tous se situent dans des bâtiments hérités des expositions internationales de 1915 et de 1935 et inspirés par l’architecture coloniale espagnole. Un must!


Pratique

– Depuis bientôt deux ans, Edelweiss propose un vol direct entre Zurich et San Diego. Cette année, les vols reprendront de mai à octobre, deux fois par semaine (lundi et vendredi). La compagnie suisse offre aussi une ligne directe entre Zurich et Las Vegas. En 2019, les vols auront lieu d’avril à octobre, jusqu’à quatre fois par semaine (www.flyedelweiss.com).

– Deuxième plus grande ville de Californie, San Diego bénéficie d’un climat de type méditerranéen fort agréable, avec plus de 300 jours de soleil par an. En y ajoutant des dizaines de kilomètres de côtes propices à d’innombrables activités aquatiques, la cité a de quoi charmer plus d’un touriste, dont les Américains eux-mêmes, qui lui envient sa situation privilégiée. Les possibilités d’hébergement sont nombreuses et pour toutes les bourses (www.sandiego.gov).

– La métropole constitue un point de départ idéal pour un périple routier jusqu’à Las Vegas, via Palm Springs et des déserts spectaculaires. (24 heures)

Créé: 20.01.2019, 09h00

Déserts mythiques

Découvrir la Californie sans prendre le temps d’aller humer l’air du désert constituerait une incontestable faute de goût. Malgré leur aridité, les paysages offrent une variété de formes et de couleurs unique en leur genre. En venant de San Diego en direction de Palm Springs, la vision plongeante sur Indian Wells depuis la route 74 vaut à elle seule le détour. Le spectacle est tout aussi saisissant sur le trajet entre Palm Springs et Las Vegas, qui frôle le fameux parc national de Joshua Tree.

Style à Palm Springs

À deux heures de route de Los Angeles, dans la vallée de Coachella, Palm Springs est devenue la référence du mouvement architectural Mid-Century Modern. Un style qui privilégie des formes minimalistes, des grands espaces, mais aussi de la transparence et une ouverture sur l’extérieur. Le succès du mouvement architectural doit beaucoup à des stars comme Frank Sinatra, Elvis Presley ou Bing Crosby, qui avaient pris l’habitude de fuir le stress de Hollywood pour ce lieu de désert plus serein.

Un autre Las Vegas

Loin du clinquant propre à la ville du jeu, The Mob Museum, ou Musée du crime organisé, vaut le coup d’œil. Situé dans l’ancien Palais de justice, le musée évoque l’histoire de la pègre tant à Las Vegas qu’au niveau du pays. Sa distillerie (en fonction), son bar doté d’une chambre secrète et un mur criblé de balles, vestige authentique du massacre de la Saint-Valentin, en 1929 à Chicago, figurent parmi les points forts (https://themobmuseum.org).

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