Une via ferrata pour épater la Galerie

EscapadeA Champéry, on grimpe le long de la Tière et on redescend par un corridor creusé dans la roche.

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Elles sont là comme on ne les voit pas depuis la plaine. En face de Champéry, les Dents-du-Midi ressemblent un peu aux Dolomites italiennes. Tout en minéralité. Depuis la Haute Cime – leur molaire droite – coule la Tière. Le torrent vient se jeter dans la Vièze dans un débit fourni. Si on vous parle autant d’eau, c’est parce que c’est sur un petit pont de bois enjambant les rivières que nous attend notre guide du jour. Et que les cascades, les mêmes qu’Hubert Caloz grimpe lors des hivers froids qui les figent en glace, vont nous côtoyer tout au long de cette balade courte, sportive et un brin vertigineuse.

Cela commence par une petite marche d’approche dans la forêt. Au pied de la paroi, on sort le matériel. Car si la via ferrata de la Tière peut se pratiquer sans guide – on ne le conseille pas aux débutants – elle doit s’accompagner au minimum d’un casque, d’un baudrier et d’une longe spécifique munie d’un absorbeur de chocs et de deux mousquetons. On regarde en haut. La «ligne de vie» – une main courante câblée fixée à la roche – brille sous le soleil. «On dirait une traînée de limace», sourit Hubert Caloz.

Le «chemin ferré» commence par quelques conseils pendant que le spécialiste assure la corde dans une de ces antiques «queues de cochon» – les relais – qui égrainent le parcours, témoignant ainsi qu’il fut l’un des premiers de Suisse. Et distille quelques conseils: se coller au rocher, utiliser ses jambes plus que ses biceps et tendre les bras pour ne pas trop les fatiguer. Viennent alors les premiers échelons – il y en a 150 au total – plantés verticalement dans «l’Aragne Blantze» qu’il faudra escalader. Puis le premier des deux ponts suspendus sur la cascade. Au bout de celui-ci, si le cœur ne vous en dit plus, si les 460 mètres dont 125 de dénivelés vous paraissent soudain inaccessibles, si l’inclinaison du calcaire jusqu’à 75% vous semble abrupte, un chemin de forêt vous permettra de redescendre.

C’est depuis la seconde passerelle, celle des Grandes Cascades, que les difficultés commencent vraiment. Avec, en amont, cette vue sur ces chutes d’eau en enfilade. Et les embruns qui vont avec. Des difficultés qui prennent des noms qui chantent le patois valaisan. «La Vire» et «le Pertoé à l’Ours» où un coup d’œil dans la grotte vous réserve une surprise. Pas d’ermite, on vous rassure. Quoique.

Curiosité géologique pour la route

Puis «le Dévers du Pénévoi», «la Vire de la Bêkette», «le Linda dé Pioques», le bien nommé «Surplomb de la Râtoulive», peut-être le passage le plus délicat. Enfin défilent sous vos pieds «la Dalle où Zizé», «l’Oblique dé Fremoé», «le Pas de la Daille» – la dernière verticale – et «la Lou Rathé à l’Anola». Le vide – «le gaz» comme disent les initiés – au-dessous et le village de Champéry en face. Ma foi, c’est beau.

Une fois en haut, un bravo écrit vous félicite. On s’en retourne alors par une curiosité géologique née de la main de l’homme. Et qui vaut le déplacement à elle seule. Taillée dans le roc depuis un siècle et demi, la galerie Défago – dont on voit depuis le village l’appellation peinte en rouge et blanc sur la pierre – suit la corniche des Rives jusqu’à l’accrobranche du Dahu, si vous n’êtes pas encore rassasiés de sensations. Le plafond est bas et il faut parfois courber l’échine dans ce corridor sauvage. Comme pour mieux écouter le brame des cerfs que l’on nous promet, comme chaque année, pour l’automne.

Créé: 13.09.2015, 10h03

Soif

Elles sont quatre et elles ont pris le nom des sommets des Dents-du-Midi. La Dent Jaune est une blonde légère, La Cathédrale une blanche aux agrumes, Les Doigts une bitter ambrée et la Cime de l’Est, une India Pale Ale. Depuis fin 2014, à l’enseigne de 7Peaks, Robby et Corinne Collins brassent leurs bières dans une ancienne piscine à Morgins. On trouve leurs produits dans la plupart des cafés de la vallée. Mais aussi, à l’emporter, dans cette merveille de coopérative agricole qu’est la Cavagne.

Gourmand

Sur le chemin de la balade, il y a bien sûr l’incontournable Cantine des Rives. Dans cette ancienne ferme du XVIIIe siècle, la raclette au feu de bois et la chasse sont réputées. Toujours sur les braises, le restaurant du boutique hôtel Beau Séjour, le Vieux Chalet, fait dans la grillade soignée (sublimes travers de porc). L’adresse gastronomique du village, c’est l’Atelier Gourmand du café du Nord. Avec les inspirations inventives d’un chef de la côte atlantique française dans un cadre cosy.

Pratique

Départ de la via ferrata de la Tière: depuis le centre sportif du Palladium de Champéry, descendre le chemin du Tavis, route carrossable, jusqu’au pont du Sous-Sex. Location de matériel dans les deux magasins de sport du village: Borgeat et Holiday, 25fr. par personne. Réservation d’un guide via le site wwww.guides-champery.ch. Comptez entre 55fr. et 250fr. par personne selon la taille du groupe, pour une balade qui durera entre 2h30 et 3h30.

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