Nos repérages livresVoltaire et Rousseau à la plage, avec humour
Découvrez les nouveautés à trouver en librairie. Et retour sur l’actu BD et littérature traitée cette semaine dans nos pages.
Voltaire et Rousseau à la plage

Essais – Les éditions Dunod viennent de sortir coup sur coup deux ouvrages de la collection «À la plage»: un Voltaire et un Rousseau. Le principe est de donner au lecteur les grandes lignes de la vie et de la philosophie des auteurs dans un livre qui peut tenir dans son sac de plage. Le premier, sous-titré «La liberté dans un transat», est écrit par Nicolas Grenier qui aime jouer sur les sonorités et le rythme de la langue pour transmettre sa passion parfois de manière lyrique et sans reculer devant des anachronismes pour le philosophe et écrivain de Ferney. Très français en somme. Le second, écrit par Hélène Soumet, sous-titré «Le naturel dans un transat», est tout le contraire, écrit dans la retenue, très documenté, pédagogique. Très suisse. On sait que le premier aimait à moquer le second dans son style souvent piquant. Les deux auteurs parlent de cette rivalité. Avec les deux à la plage, on fait un joli voyage express dans le Siècle des Lumières. (OBO)
«Voltaire à la plage», Nicolas Grenier et «Rousseau à la plage», Hélène Soumet. Éd Dunod, mai
Troupeau souriant

Humour – Elles se nomment Géraldine, Nadine ou Ariane. Des prénoms féminins pour de drôles de bêtes à cornes. Drôles au sens premier du terme puisque les héroïnes du premier album publié par la Vaudoise Mona Mages, alias Maon, sont toutes d’irrésistibles bovines, croquées d’un trait aussi vif que cartoonesque dans leur milieu naturel. Loups, marmotte, blaireau et autre chèvre côtoient ces vaches facétieuses, dotées de la parole par le journaliste valaisan Gérard Sermier – Géesse de son pseudo. Séduit par la fraîcheur des illustrations de Maon, pure autodidacte ayant appris à dessiner en copiant les BD de son père, l’homme de média signe de courts textes d’accompagnement en rimes. Bien troussés, ses mots offrent un pendant souriant aux bestioles câlines ou coquines mises en scène dans des décors montagnards au look de papier peint. Formant un microcosme très humain, les sympathiques ruminantes engendrent au final une bonne humeur communicative. (PMU)
«Les vaches rient», par Maon et Géesse. Éd. Chez Yvette, 64 p.
L’épouse et la maîtresse

Théâtre – C’est un tout petit livre qui va à l’essentiel. Uniquement des dialogues, puisqu’il s’agit d’un texte destiné à la scène, et d’ailleurs joué au Théâtricul de Genève jusqu’au 23 mai (infos sur theatricul.net). La Genevoise Mélanie Chappuis, qui a écrit sur la sororité dans «Ô vous, sœurs humaines», met ici à l’épreuve ce concept. Est-il opérant lorsque se rencontrent dans un café la femme et la maîtresse du même homme? Lorsque, de surcroît, au fil d’un vif échange, l’écrivaine et la traductrice s’avouent des affinités en dehors du mari et amant, dont il sera d’ailleurs très peu question. L’autrice effleure également le motif de l’alliance de ces deux figures féminines, sans y céder. Elle reprend certains clichés liés à ces rôles antagonistes pour mieux les déjouer. Derrière les archétypes se dessinent des femmes complexes, engagées dans un duel verbal qui tantôt les éloigne tantôt les rapproche, tout à la fois complices et rivales. (CRI)
«L’autre», Mélanie Chappuis, Éd. BSN Press, 42 p.
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