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L’invitéVotre police lausannoise n’est pas raciste!

Nicola Di Giulio rappelle que la situation à Lausanne n’a rien à voir avec celle des villes des États-Unis.

Pour faire suite aux circonstances de la mort tragique de Monsieur George Floyd lors de son arrestation par des policiers de Minneapolis, il me paraît important de rappeler que l’histoire des États-Unis, avec son triste passé d’esclavage, sa ségrégation raciale puis ses luttes pour les droits civiques des Afro-Américains, ne doit pas être importée ou comparée avec le racisme rampant que toutes les sociétés malheureusement connaissent et qui doit être combattu et désamorcé dès le plus jeune âge.

De sorte que ceux qui font ces raccourcis entre notre histoire et celle des États-Unis témoignent d’un profond manque de compréhension et de considération envers les luttes raciales et civiques pour obtenir les mêmes droits que n’importe quel citoyen américain. Par ailleurs, ces luttes, menées souvent au péril de la vie de militants, puisent leur légitimité dans l’absence totale de droits essentiels, alors que dans notre pays, la ségrégation ou l’esclavage institutionnalisé n’ont jamais existé.

«Des interventions jugées trop musclées sont et doivent être dénoncées et sanctionnées»

En d’autres termes, votre police lausannoise ne connaît pas de racisme systémique en son sein. Des dérives peuvent exister lors d’intervention et elles sont, et doivent continuer à être, dénoncées et sanctionnées.

Néanmoins, la police de Lausanne n’a jamais immobilisé d’individu en appuyant sur sa nuque avec un genou. Il est vrai qu’il peut y avoir des interventions jugées trop musclées et elles aussi sont et doivent être dénoncées et sanctionnées. En effet, un système de dénonciation de ces éventuelles dérives, qui ne correspondent pas à l’éthique et au professionnalisme auxquels la police est astreinte, existe déjà pour la police lausannoise.

Droits de l’homme et éthique

Durant la formation initiale d’un agent, cinquante heures de cours sur les droits de l’homme et d’éthique, notamment, sont prévues. De plus, une formation continue qui concerne également ces thèmes est mise en place. Pour toutes ces raisons, j’affirme qu’il n’y a pas de volonté de recruter ou de former de futurs agents dans le but de nuire à des groupes ethniques en particulier.

Le décès de Monsieur George Floyd et celui de tant d’autres malheureusement sont évidemment des événements dramatiques qui portent préjudice à l’ensemble des polices si l’on ne prend pas le temps d’expliquer, de rassurer et de démontrer par l’exemplarité le travail effectué par sa police.

Enfin, il est de la responsabilité de chacun de ne pas amalgamer l’histoire américaine, qui n’a pas encore pansé ses plaies sur les questions raciales, avec celle de la Suisse qui n’a jamais cultivé la haine de l’autre.