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Transféré du LUC à ChênoisZerika marche sur les traces de son père et met le feu au Léman

L’arrivée du jeune Lausannois à Sous-Moulin a été l’un des gros transferts de l’été. Le central – double champion suisse avec le LUC – est passé de la quatrième division à l’équipe de Suisse en quatre ans seulement.

Karim Zerika, ancien joueur du LUC, joue maintenant à Chênois.
Karim Zerika, ancien joueur du LUC, joue maintenant à Chênois.
Odile Meylan

Karim Zerika est un homme pressé. En 2016, le Lausannois travaillait encore dans une usine. L’apprenti automaticien jouait au volleyball à côté de son travail, avec la troisième équipe du LUC dans la quatrième division nationale.

Quatre ans plus tard, le central de 23 ans fait désormais partie de l’équipe de Suisse. Un accomplissement qui n’est que suite logique pour l’un des principaux acteurs des deux titres de champion remporté par les Vaudois (2018 et 2019). Lancé par «Maxx» Giaccardi, Karim Zerika a été au cœur de la renaissance provoquée par l’entraîneur italien à Dorigny.

Franchir un palier à Chênois

Pourtant, les histoires d’amour finissent mal en général. Celle, fusionnelle et fructueuse, qui a lié Zerika au LUC est arrivée à son terme cet été. Une rupture houleuse, d’autant plus que le central s’en est allé chez le rival lémanique: Chênois. «J’ai senti que j’avais besoin de partir pour franchir un nouveau palier, explique le futur ingénieur des médias. À Sous-Moulin, je ne suis plus le jeune du club mais un renfort. Chênois veut s’asseoir à la table des grands et je vais tout faire pour aider le club à y parvenir.» Une ambition qui se matérialise aussi par le retour au bercail d’un autre international. Jovan Djokic a retrouvé le bout du lac, après neuf ans d’exil alémanique.

Pour Karim Zerika, ce transfert entre le LUC et Chênois a aussi réveillé quelques souvenirs familiaux. Ali, son père, avait emprunté le même chemin dans les années 90. Champion de Suisse avec le LUC en 1992, le passeur algérien était passé sous pavillon genevois. «Il m’en a un peu parlé, s’amuse le plus jeune. C’est vrai que, d’une certaine manière, je marche sur les traces de mon père. Mais, sa seule inquiétude, c’était que cela me fasse trop de choses à gérer entre mes études, les trajets à Chênois et le volley.» Des craintes que la pandémie et les cours à distance ont momentanément mis de côté.

«En soi, je dois tout au LUC, même le fait d’être né en Suisse, poursuit Karim. Mon père jouait avec l’équipe nationale d’Algérie et il a tapé dans l’œil du club lors d’un stage de Lausanne là-bas. Il a été engagé. En Suisse, il a rencontré ma mère et il n’est jamais reparti.» Le passeur a ensuite porté les couleurs de Jona, Tramelan et Lutry avant de prendre sa retraite. Aujourd’hui, Ali habite toujours dans la région lausannoise et travaille comme professeur de sport.

Des retrouvailles tendues

Il était dans la salle lors du derby lémanique du 10 octobre entre Chênois et le LUC (3-1). «Je suis passé à côté de mon match, a pesté Karim Zerika avec franchise. J’ai voulu surjouer et je me suis précipité.» La sanction du coach n’a pas tardé à tomber et le central a rejoint le banc. «Ce choix était légitime puisque l’équipe a gagné sans moi. Cela me rappelle que ma place n’est jamais acquise. Je dois travailler tous les jours pour la mériter.»

La tension entre les deux meilleurs ennemis lémaniques a été exacerbée par ces retrouvailles. «Il y avait une certaine animosité, rigole le néo-Genevois. On se regardait pas mal d’un côté à l’autre côté du filet et certains messages ont circulé.» Karim Zerika se marre. Il est comme ça. Au premier abord, on pourrait croire que tout lui passe au-dessus. «Certains peuvent penser que je suis un branleur. Mais, c’est un rôle que je joue, un moyen de me protéger. Je suis un éternel insatisfait. Si je bosse autant, c’est pour progresser et gagner des titres.» Cela tombe bien. Chênois rêve – sans le crier trop haut – de faire tomber le LUC de son trône. La saison promet d’être électrique.